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"A la Une"

Ce matin, comme tous les matins, je prends mon journal "Le Rempart", je le déplie et je découvre avec surprise que mon portrait se trouve en première page! Je m'empresse alors de lire les titres et commentaires qui accompagnent ma photo. L'article s'apelle "On a arrêté la tueuse de banquiers" et le journal prétend que la police a arrêté la tueuse en série qui, depuis cinq ans, assassine et vole des personnes travaillant dans le monde de la banque : directeur d'agence, chef de service, etc...Des personnes qui ont des responsabilités uniquement. Toutes les banques y sont passé : Crédit Agricole, LCL, Banque Populaire...Le nombre de morts s'élève à 23. Le journal dit que la police  n'a pas encore donné l'identité complète de la tueuse, une certaine Jeanine, mais qu'ils le sauront dés demain.

Je reste interdite dans mon fauteuil un bon moment avant de trouver la force de me lever pour aller me servir un verre de calva. Comment cela est-il possible? Ce n'est pas moi qu'ils ont arrêté puisque je suis ici! Alors pourquoi ma photo? Il a du se produire une erreur quelconque, mais à quel niveau? Et que dois-je faire? Pour l'instant, je peux rester ici puisque je ne suis pas chez moi. Personne ne sait que je suis partie quelques jours pour m'occuper des plantes de mon amie Marcelle qui est hospitalisée. Et comme son Alzeïmer progresse, elle ne se souvient plus, ni de moi, ni de sa maison. Aux dernières nouvelles, ils devaient l'interner dans une maison de repos, j'ai donc la possibilité de rester ici jusqu'à ce que j'y vois plus clair. La police est-elle allée chez moi? Si oui, ils y auront trouvé porte close et aucune piste puisque mon mari est mort depuis cinq ans, que je n'ai plus de famille et que mes voisins ne savent pas où je suis partie.

Comment le journal s'est-il procuré ma photo? Tous ces gens croient-ils réellement que je suis la tueuse en série qu'ils recherchent? Le téléphone ne doit pas arrêter de sonner chez moi, et tout ceux qui me connaissent dans ma petite ville et qui ont pu me reconnaître dans le journal doivent être aux 400 coups. Je les entends d'ici se perdre en conjectures et leur agitation me fait presque rire. Toutes ces questions continuent à se bousculer dans ma tête durant toute la journée et je prends la précaution de me couvrir d'un grand chapeau de paille et de grandes lunettes de soleil quand je vais dans le jardin de Marcelle afin que ses voisins ne me reconnaissent pas.  M'occuper de ses plantes me permet de me calmer.  

Le soir venu, comme tous les soirs, je pense à mon défunt mari, Joseph, que j'aime toujours bien qu'il m'ait abandonnée en se suicidant, ne supportant pas la faillite de sa petite entreprise. Je lui ai pardonné ce geste désespéré qu'il a commis.  Je mets beaucoup de temps à m'endormir puis mon sommeil est troublé par plusieurs cauchemars où se mêlent des visages et des silhouettes de banquiers, de policiers, de journalistes et d'anonymes. Une porte de prison qui se referme sur moi me réveille tout à fait. Je déjeune et j'attends avec impatience le passage du facteur qui livre le journal à Marcelle. C'est avec une casi frénésie que je sors le journal de son emballage et que je le lis.

Stupéfaction! Le journal fait ses excuses à ses lecteurs pour l'horrible méprise de la veille. La photo parue dans le journal n'est pas celle de la tueuse en série mais celle de Mme Jeanine Lesbon (moi) qui a gagné le concours de la meilleure composition florale, organisé par le comité des fêtes de Pontvallain (ma petite ville). En première page figure maintenant le portrait de la vraie tueuse qui s'appelle, d'après la police, Jeanine Saire, âgée de 65 ans (le même âge que le mien) et arrêtée alors qu'elle était en train de tenter de tuer le directeur de sa banque, la caisse d'Epargne de La Flèche. Elle nie cependant farouchement être la tueuse en série des banquiers.

Me voilà soulagée! Je soupire d'aise et me sent plus légère. Et bien! J'ai eu chaud! Ils ne sont pas passés bien loin cette fois-ci...Ils ont presque failli m'avoir...S'ils savaient! S'ils savaient que la tueuse des banquiers...c'est moi! Et qu'ils ont publié la bonne photo sans le savoir! Bon, je suppose qu'ils vont finir par se rendre compte que cette pauvre femme n'est pas la tueuse et qu'ils vont reprendre leurs recherches...Et moi, je vais aussi reprendre mon travail, tuer tout ceux qui sont moralement responsables de la mort de mon cher et regretté mari.

Écrit par enriqueta Lien permanent | Commentaires (15)

Commentaires

Que de rebondissements! Se méfier des dames en capeline de paille!

Écrit par : Marie de Cabardouche | lundi, 31 octobre 2011

Quelle histoire! Une meurtrière si j'avais su. Bravo pour le défi.

Écrit par : Solange | lundi, 31 octobre 2011

Oups... Mais je peux comprendre "tes" motivations.... Je ne vais pas te dire bonne continuation, ce ne serait pas bien mais j'en pense pas moi... Merci Enriqueta ! JB

Écrit par : jill bill | lundi, 31 octobre 2011

eh! bien qui pourrait croire que la gentille dame qui fait des compositions florales est la vraie tueuse?
Mais tu l'as échappé belle cette fois-ci ! Attention !
C'est bien trouvé cette histoire! bravo

Écrit par : fanfan | lundi, 31 octobre 2011

Les compositions florales sont donc un très bon camouflage !!!

Écrit par : ABC | lundi, 31 octobre 2011

Je suis revenue lire la suite... Aujourd'hui le lien marchait.... J'ai lu avec plaisir jusqu'au double rebondissement et quand j'ai lu le mari suicidé à cause d'une faillite d'entreprises je me suis dit que la narratrice avait de bonnes raisons de tuer des banquiers mais comme elle était si sympathique et puis les compositions florales, je me suis laissée avoir....
Bravo. Bisous

Écrit par : Martine Eglantine | mardi, 01 novembre 2011

Une histoire bien ficelée! J'adore l'ambiance "polar". A lire et à relire avec plaisir!

Écrit par : Vert de Grisaille | mardi, 01 novembre 2011

Fascinante cette histoire.

La tueuse prise en photo dans e journal pour un concours floral.

Belle imagination.

Bisous

Écrit par : Harmonie37 | mardi, 01 novembre 2011

Diabolique à souhait la Jeanine ! J'ai beaucoup aimé l'ambiance, le suspens, la chute... tout! Bonne soirée! Mireille

Écrit par : Mireille | mardi, 01 novembre 2011

Juste pour ajouter que j'ai aimé relever ce défi mais n'ai posté mon texte que ce soir. C'est donc 25 participants au lieu de 24 !

Écrit par : Mireille | mardi, 01 novembre 2011

Et ben !!!! Géniale cette interprétation du défi !!!! Vraiment chapeau !!! bisous

Écrit par : Elodie Belllule | mercredi, 02 novembre 2011

De l'humour dans cette histoire et c'est bien conté Enriqueta

Écrit par : Marine D | mercredi, 02 novembre 2011

Honte à moi, Enriqueta, qui n'avais pas encore eu la possibilité de venir déguster ton polar touffu et diabolique, hi hi ! C'est fou ce qu'on peut faire en héroïne de fiction ! Bravo !

Écrit par : Lenaïg | jeudi, 03 novembre 2011

Une histoire stupéfiante et j'ai bu chacun de tes mots avec avidité attendant de savoir la finalité de l'histoire. Une création merveilleuse, soignée, agréable. Je suis ravie d'avoir pu lire tes mots. Et un grand bravo à toi
régine

Écrit par : rosinda | dimanche, 06 novembre 2011

bonsoir Enriqueta !, je viens de terminer le tour des défis 67, et bien sûr je termine par toi , d'abord mon sentiment sur ton texte, vraiment bien tourné, c'est terrible ces méprises de quoi donner une attaque cardiaque ! tu nous a concocté un thriller moderne malheureusement d'actualité pour les gens qui se suicident parce qu'ils ont tout perdu!
merci pour ton aide sur cette quinzaine, il y a eu de nombreux participants et j'ai vraiment apprécié comme toi la diversité des réponses !! bonne nuit !! :0) amicalement ! Tricôtine

Écrit par : tricotine | mercredi, 09 novembre 2011

Les commentaires sont fermés.