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vendredi, 13 avril 2007

Mélancolie tunisienne

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C’était dans le grand erg oriental tunisien . Le soleil imprimait nos ombres sur le sable. Le matin, nous étions nombreux à marcher, escalader les dunes de sable puis les redescendre… les dunes s’enchaînaient, parfois interrompues par des plateaux couverts de buissons.

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La steppe, maigre pâturage pour de petits troupeaux de chèvres était surtout signe de bivouac temporaire pour une collation (thé à la menthe très sombre et très sucré, pain sans levain cuit sous la cendre et le sable) ou pour la nuit.

L’après midi nous préférions tanguer sur nos dromadaires…Le mien s’appelait Rajak et son chamelier Mabrouk.

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 Et nous partions ainsi pour une lente méditation qui rythmait le pas muet des dromadaires à travers les paysages sahariens.

« Homme, bois de l’eau pour te rendre beau, gave-toi de soleil pour te rendre fort, et regarde le ciel pour devenir grand » Proverbe Touareg

Nous somnolions, mon dromadaire fermait la marche et comme j’avais peur de véritablement m’endormir et de tomber (je te disais que si je tombais, ma chute serait silencieuse car amortie par le sable et que personne ne s’en rendrait compte avant le bivouac du soir et nous pouffions de rire comme des collégiennes) alors, toi dont le dromadaire précédait le mien, tu me racontais les films et les livres qui t’avaient le plus marqué, c’est ainsi que tu me fis découvrir « L’alchimiste » de Paulo Coelho. C’est ainsi que s’égrénaient les jours…

Cette monotonie apaisante libérait nos esprits tout en ramenant nos corps à des besoins élémentaires : boire, manger, dormir, trouver un buisson…

Elle fut une fois interrompue par une tempête de sable. Les lèvres entrouvertes je respirais à travers l’épaisseur du voile de mon chech, je m’habituais à cette chaleur et à ce vent qui desséchaient ma bouche et ma peau esséyant d’oublier ma soif et la peau de mes cuisses irritées ( PS : être assise sur un dromadaire fait mal).

« Et dans le désert de mon cœur, qui agrandit le désert de sable, le silence ajoute un voile sur mon voile, avec ses mains d’air et de sable » (Mano Dayak)

Nous trouvâmes refuge dans une maison abendonnée envahie par le sable pour y partager les restes du couscous de la veille. Le soir précédent nous avions participé à la tambouille pour éplucher, découper les légumes et apprendre quelques mots d’arabe (malheureusement oubliés), sous la surveillance de Belgacem le cuisinier. Ce jour là nous apprîmes à faire la vaisselle avec du sable.

Le soleil se couchait rapidement car nous étions en Février. En soirée, à l’heure du bivouac, nous ne disposions que d’une demi-heure/trois quart d’heure pour trouver un buisson, nous changer, installer notre lit de fortune ou chahuter sur les dunes. Nous nous rassemblions autour du feu pour prendre le repas, chanter, sous la direction d’Amor le chamelier-chanteur, et danser. Il faisait froid et nous nous réchauffions en buvant un peu de wisky, en nous serrant les uns contre les autres sous des couvertures qui embaumaient le dromadaire et en dansant autour du feu.

« Ne te lasse pas de crier de joie, d’être en vie et tu n’entendras plus d’autres cris » Proverbe touareg

Nos rires et nos chants, portés par le vent, s’envolaient à travers le désert pour aller réchauffer les âmes solitaires…

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La lumière bienveillante de la lune nous permettait de regagner notre duvet, placé sous la tente berbère dressée pour nous abriter, ou plus à l’écart, au pied d’un buisson, selon notre humeur…Nous nous endormions en nous racontant des histoires, en pouffant de rire et en regardant les étoiles…

Au matin, nous renaissions de nos duvets couverts de givre nocturne pour constater que des gerboises et des oiseaux étaient venus nous rendre visite, la nuit ou à l’aube, et avaient laissé leurs empreintes tout autour de nos sacs de couchage.

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Nous étions vingt-deux…Nous avons cheminé ensemble pendant quelques jours, quelques mois pour certains, quelques années pour d’autres mais je me souviens de vous, bien que dix années aient passé. De cette belle aventure humaine il ne me reste que des souvenirs, des photos et les roses des sables que le Sahara m’avait offert…

 

Chanson : d’après Maxime Le Forestier « Une maison bleue »

C’est une tente berbère

Adossée à une dune

On y vient à pied

Ou en dromadaire

Ceux qui vivent là

Aiment les méharées

 

On se retrouve ensemble

Après des années de route

Et on vient s’asseoir

Autour d’un repas

Tout le monde est là

A cinq heures du soir

 

Quand Tozeur et Douz s’allument (bis)

Tozeur et Douz

Où êtes-vous

Hélène et Anne

Sylvie

Attendez-moi

 

Dans la tempête de sable

Cachés sous les couvertures

On écoutera Franck à la guitare

Et puis Virginie nous fera chanter

 

Micheline arrivera

Pour nous dire des nouvelles

D’un qui reviendra dans un an ou deux

Puisqu’il est heureux on s’endormira

 

Quand le Sahara se lève (bis)

Le Sahara

Où êtes-vous

Jean-François, Réjane

Vincent

Attendez-moi

 

C’est une tente berbère

Accrochée à ma mémoire

On y vient à pied

Ou en dromadaire

Ceux qui vivent là

Aiment les méharées

 

Peuplée de têtes en chechs

De duvets et de musique

Peuplée de lumière

Et peuplée de fous

Elle sera dernière

A rester debout

 

Si Tozeur et Douz s’effondrent (bis)

Tozeur et Douz

Où êtes-vous

Dominique, Marinette

Laurence

Attendez-moi

 

Où êtes-vous

Jacqueline et Anne

Vous tous

Attendez-moi…

Commentaires

:-)) ah la la , les souvenirs... Cette photo a agi sur toi comme une madeleine on dirait!
merci de nous les faire partager, vraiment partager, car on si croirait.

Écrit par : peau | vendredi, 13 avril 2007

Tu vois, je ne sens pas de mélancolie dans ce texte. Je lis des instants intenses.

« Homme, bois de l’eau pour te rendre beau, gave-toi de soleil pour te rendre fort, et regarde le ciel pour devenir grand ».

J'emporte.

Bises.

Écrit par : Rémy | vendredi, 13 avril 2007

Je vais bien vite me préparer une tasse de thé à la menthe fraîche ! :-)
Merci .. je suis partie en voyage par les mots et les dunes ..

Flor

Écrit par : FLORALIE | vendredi, 13 avril 2007

Ces moments de la vie qu'on oublie peu à peu et qui reviennent instantanément grâce à une image, une chanson, une odeur... Je suis contente de t'avoir fait revenir à l'esprit ce souvenir, je suis contente que tu aies commentée cette image car je l'avais sélectionnée en pensant qu'elle te plairait...
@Bientôt

Écrit par : Cassandrali | samedi, 14 avril 2007

Ouaouh!

Écrit par : Jena | samedi, 14 avril 2007

Il y a une chanson, je ne sais plus de qui, une reprise aussi de la "maison bleue" de Maxime, les paroles devenaient:"Quand Tizi Ouzou se lève..."
Quelle belle aventure en effet!
Pour ces vacances de Paques, nous avons des amis qui ont été, comme l'an passé, marché dans le désert, avec amis et enfants!!
Ils ont du rentrer hier, et je vais, cet après midi rencontrer une de celle qui a effectué ce voyage...
Je me languis, et toi, je vais lire tes notes suivantes, et sans doute commenter encore (incorrigible bavarde)...
Bizous désensablés et adelphiques.
Evelyne.

Écrit par : alibi-bi | lundi, 16 avril 2007

Les commentaires sont fermés.