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mardi, 29 mai 2007

La légende du lac d'Enghien (4)

Un grand merci à Cassandrali, Irène, Lili, Rémy, Rosa et Sacados.

 

Mon voyage initiatique au pays des mirages se poursuivait dans les méandres de ce passé qui semblait être le mien et qui pourtant me paraissait différent, comme réécris d’une plume plus spirituelle, plus exigeante et en quête de sagesse.

Nous étions un Lundi de Mai, j’aurais du rejoindre mes amies en cours d’Histoire mais je séchais discrètement pour aller rejoindre Léandre qui m’avait donné rendez-vous sur le banc de pierre, près du lion. Mon cœur battait la chamade pour de multiples raisons : la peur de me faire prendre, l’excitation et l’attrait du « fruit défendu » car Léandre était le petit ami d’Angèle et Angèle était une de mes amies. A mon arrivée, il se leva, il m’enlaça et m’embrassa passionnément… Oui, voilà ce que je fis cette année 1982, je trahi et je couvris cette trahison par de multiples mensonges, chaque mensonge en entraînant un autre. Je me mis à mentire à mes amies, à mon petit ami et à mes professeurs, je mentis bientôt à tout le monde pour vivre intensément cette double vie.

Nous étions toutes réunies une dernière fois au « Balto » ce café proche de notre lycée pour fêter les résultats du bac. Fanny et Rosa étaient tristes car elles avaient échoué et allaient devoir repiquer, nous avions pour objectif de leur remonter le moral. Nous n’avions pas convié les garçons, nos petits amis, afin de pouvoir parler d’eux librement et puis parce que Cassandra ne savait pas lequel choisir parmi ses sept prétendants. Et surtout nous voulions être seules, conscientes que c’était la dernière fois que nous étions toutes réunies. Nous faisions des plans sur la comète lumineuse de notre avenir en sirotant notre Cuba libre et en fumant, pour jouer à être des femmes indépendantes . A une table voisine un groupe d’amis du patron fêtait un anniversaire celui d’un femme prénommée Irène et, pour leur faire plaisir il avait programmé les vieilles chanson de leur jeunesse. Nous pouffions de rire en écoutant ces chansons ringardes qui n’avaient rien à voir avec la musique d’ ACDC et pourtant, certaines nous touchaient malgré tout, comme celle que nous nous mîmes à chanter : « La Bohême » de Charles Aznavour. Je sentis alors une main se glisser dans la mienne, c’était celle d’Angèle qui me regardait intensément de ses yeux noirs et qui me dit en un murmure : « tu sais, je t’aime toujours ! ». Je frissonnai soudain de froid mais n’osai pas lui répondre car son attitude me faisait culpabiliser. Je préférai faire comme s’il ne s’était rien passé…

Le lac était rouge comme le sang et je voyais mes amies une à une s’y jeter puis je voyais leurs fantômes tournoyer dans les eaux troubles du lac dans lesquelles j’étais également. A travers l’eau je distinguais la surface, je devinais qu’il m’y attendait mais je n’arrivais pas à m’en extraire retenue par le poids de leur désespérance, je voyais sa main, mais je n’arrivais pas à l’attraper …

« Tu voulais l’exclusivité de mes sentiments alors que toi tu continuais à en aimer d’autres » dis-je  à Léandre. « C’est faux ! » hurla-t-il alors « C’est toi que j’aimais mais j’avais mis du temps à m’en rendre compte et ce n’était pas facile pour moi de résister à toutes les autres qui m’admiraient, qui me prenaient  pour un Dieu à cause de ma poésie, mais il n’y avait que toi qui avait vraiment de pouvoir sur moi  ». « Du pouvoir ? » m’écriais-je étonnée. « Oui, Lili, rappelle toi ce jour là, le jour où tu m’avais maudit et où tu avais fait de moi un poète sans inspiration et sans âme , par pitié rappelle-toi ! ». Le chat noir et blanc, surgit de nulle part, m’arracha à cette révélation, en faisant apparaître sur mes genoux le livre : « Les mensonges de la mémoire » , je le lis et tout s’éclaira, j’étais Lili, j’avais trahis Angèle et Rémy comme envoûtée par le désir d’absolu de Léandre, puis j’avais fini par le maudire en enfermant son souvenir dans un mensonge dans lequel je m’étais perdue et étais devenue Angèle, m’empêchant ainsi d’assumer mes actes et  de rejoindre Rémy qui m’attendait toujours même après ses longues années. Je savais que je devais retrouver Rémy qui seul, pouvait me sauver. Je savais que c’était Rémy qui détenait la clef de l’ultime révélation  me concernant et que cette révélation concernait aussi Angèle. Lui seul pouvait définitivement lever le voile de l’amnésie…

   

Voici la quatrième partie de cette nouvelle interactive. Merci de m’aider à écrire la fin : idée, mots, images, noms propres…Tout peut m’aider…Que va-t-il se passer après ? Comment l’héroïne va-t-elle se sortir du lac ? Comment va-t-elle retrouver le reste de sa mémoire ? Quels autres épisodes de son passé voulez-vous voir évoquer ? Dans quels autres lieux voulez-vous aller ? Y a-t-il des liens entre Rémy et les autres filles ? Je compte sur vous. Il reste quelques éléments, suggérés par mes muses, non utilisés (le départ précipité du lycée, la voix perdue, le lien entre Rémy et le lac, l’écharpe du professeur de Français) que je vais incorporer dans le prochain et dernier épisode.

Commentaires

Ainsi j'ai échoué mon bac : tu comprends maintenant pourquoi je préfère les mauvais élèves...
Et le pêcheur ?
C'est Rémy ?
L'écharpe du professeur de Français : une grande étole de mousseline, imprimée de nénuphards a servi à étrangler un élève et Lili en a été le temoin...d'où sa fuite du lycée...
Elle retrouve le pêcheur....

Écrit par : Rosa | mardi, 29 mai 2007

ben là, je n'ai plus d'idees... :-)

Écrit par : captaine lili | mercredi, 30 mai 2007

Bon... Alors comme ca j'ai du mal à choisir entre sept prétendants ??? & bien, j'en ai jamais eu autant... Avec un seul j'hésitais déjà... Alors sept... Ouille ouillou !!! Mais j'était fleur bleue à l'époque, peut-être que maintenant et à condition d'être seule, j'agirai différemment... ;-))
Lili s'est noyée dans ses mensonges alors pourquoi n'aurait-elle pas entrainé au fin fond du lac ses amies, pourquoi n'aurait-elle pas simulé sa noyade par désespoir car elle ne savait pas comment se sortir de tous ses mensonges ? Ses amies seraient venues à son secours, un orage aurait éclaté et les tumultes du lac auraient emporté ses amies, elle seule s'en serait sortie grâce à Rémy, ou un pécheur ou même Léandre qui ne voulait pas la perdre, ou le professeur avec son écharpe... Elle s'est enfuit du lycée pour échapper à Léandre, pour oublier les "crimes" qu'elle avait commis... son amnésie était volontaire... Mais maintenant elle cherche à connaitre la vérité.
Si Lili est devenue Angèle, Rémy attend toujours sa Lili qui pour lui s'est noyée dans le lac ; il est devenu le pêcheur seul moyen pour lui de retrouver son élue du coeur... Pour lui, elle n'est pas morte, elle vit dans le lac et ne sait pas comment quitter sa prison faite d'eau, il doit l'aider en la repêchant dans les mailles de son filet...
Elle doit réparer tout le mal qu'elle fait à cause de ses mensonges sinon elle sera toujours un esprit en errance qui ne pourra jamais vivre une vie "normale" faite d'amour, de joie, d'enfants...
C'était mes idées du moment ; j'ajoute que j'ai trouvé cet épisode très beau et très bien écrit.

Écrit par : cassandrali | mercredi, 30 mai 2007

Lili est prisonnière du lac parce qu'elle s'est menti à elle-même et qu'elle vit dans la culpabilité de la trahison. Le lac est le monde des conventions.

Elle découvre grâce au pêcheur que la faute n'existe pas, qu'aucune faute n'existe jamais, et qu'elle a confondu le feu du désir et la passion d'aimer. Désir pour Léandre, amour pour Rémy. Elle découvre l'union des deux.

Le prof à l'écharpe, dandy, et les chansons d'Aznavour auraient bien pu l'aider dans cette culture de l'ignorance.

J'aime la proposition de Cassandrali. Rémy/Léandre est le pêcheur. Il pêche Lili dans un filet de mots, ceux qui lui ont permis de naître à nouveau (un peu bibliothèque rose, mais bon, c'est ce qui me vient ;-). Il a vieilli, comme ses amies qui vivent toujours dans l'ignorance et la souffrance, pas elle. Elle est porteuse d'un message, en Princesse aux mots dormant qui s'est éveillée.

Bonne inspiration.

Écrit par : rémy | jeudi, 31 mai 2007

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