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jeudi, 06 septembre 2007

Moi, Nicolas Boytier (10)

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C’est à nouveau une querelle, qui me vaut d’être occupé en ce jour du vendredi 30 Octobre. Je rédige une réparation d’honneur pour François Mallet charcutier à La Pissotte de Vincennes. Le dit Mallet est un petit homme chauve, son teint est cireux et ses yeux sont ternes. Le récit est édifiant. Dimanche dernier Claude Rozay, imprimeur en indienne à Saint Denis, était à boire chez le nommé Vié, cabaretier à Montreuil, rue Saint Père à l’enseigne le lion d’or accompagné du sieur Leborre, marchand boulanger à Belleville et badinant avec icelui quand il s’est  répandu en invectives contre le dit Mallet qui était également en ce lieu, en le traitant de bougre et de jean foutre et en lui disant « tu as mérité d’être pendu, tu es même passé par la main du bourreau et tu as été fouetté de verges », avec plusieurs autres injures atroces et scandaleuses contre l’honneur et la réputation du dit François Mallet, l‘accusant même d‘avoir tué et fait mourir son premier enfant. Claude Rozay ne se souvient plus de ce qu’il a fait dans cette auberge et ne sait pas pourquoi il s’est répandu en invectives contre François Mallet, il attribue cela au vin qu’il a consommé en grande quantité ce jour là et en  regardant son visage rougeaud je me doute que ce n’est pas la première fois qu’il boit plus que de raison. Il faut espérer que cela lui servira de leçon mais je pense qu’il est plutôt en train de regretter la livre et les quarante sols qu’il me verse et qu’il aurait préféré boire en bonne compagnie! Un seul regard échangé avec Antoine me permet de deviner qu’il pense la même chose que moi, ainsi en est-il de notre longue complicité.

Le vin fait des ravages dans nos campagnes où les cabarets, les auberges et les marchands de vin foisonnent. Ce sont des lieux où les bagarres sont fréquentes à cause de la très grande consommation de vin et de l’atmosphère de détente. Les langues se délient, on parle plus facilement qu’ailleurs, on diffuse les ragots et on réveille les vieilles haines. Les misérables qui se livrent à l’ivrognerie sont sujets à de fréquentes inflammations de poitrine et pleurésies qui souvent les emporte à la fleur de l’âge. S’ils  réchappent quelquefois de ces maladies violentes, ils tombent longtemps avant l’âge de la vieillesse dans toutes ses infirmités, le corps usé par les excès, qui les conduit à l’hydropisie de poitrine.  Pour ma part, je n’en bois que rarement, les jours de fête où je m’autorise un ou deux verres du vin très prisé de la dernière récolte, celui qui se vend dans les cabarets proches de Paris, un vin de fête de qualité supérieure aux boissons quotidiennes ou quand je vais dîner à l’auberge, mais je n’en fais pas une habitude, de peur de tomber dans l’excès.

Commentaires

zut, j'avais zappé cet article..contente de retrouver Nicolas :-)

Bonne journée

Stéphanie

Écrit par : stéphanie | samedi, 08 septembre 2007

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