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samedi, 22 septembre 2007

Moi, Nicolas Boytier (12)

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Je m’occupe, ce mardi 4 décembre d’une bien triste affaire de séduction et de subornation en recevant Anne Breton, fille majeure de 21 ans et son père Jacques Breton, vigneron à Montreuil, domestique ci devant au service de Louis Roger, serrurier à Belleville et également présent. Anne Breton fait le récit de sa malheureuse histoire, c’est une jeune fille de petite taille aux cheveux châtains très clairs, ses yeux, plutôt petits sont d’un bleu profond, de petites fossettes aux joues animent une physionomie ouverte. Pendant les trois ans qu’elle a eu le malheur d’être au service chez ledit Louis Roger, il s’est insinué avec de belles paroles et des promesses engageantes, a utilisé pour elle toutes les protestations de l’amour possibles et a mis tout en usage pour la séduire. Et c’est ainsi qu’elle est devenue enceinte de ses œuvres, que cette insulte par lui a été faite et le tort que son honneur en souffre et pourra en souffrir l’ont mis dans la triste nécessité de faire éclater des faits qu’elle aurait souhaité ensevelis dans un oubli éternel. Pour ne point se mettre dans le cas de la peine portée par l’ordre du roi Henri II du mois de février 1556 concernant les grossesses des filles, le dit Louis Roger se tenant sur la négative, elle s’est vu forcée de faire sa déclaration au greffe le 4 janvier. Louis Roger est un homme d’environ 45 ans, bien constitué, il reconnaît l’enfant, accepte de se charger de l’enfant, de le faire baptiser, le nourrir et l’élever dans la religion catholique, apostolique et romaine. Il devra fournir à Anne Breton un certificat de vie, avec état de l’enfant tous les trois mois, lui faire apprendre un métier lorsqu’il sera en âge de le pouvoir faire pour le mettre en état de gagner sa vie et s’engage à payer la somme de cent livres pour qu’Anne puisse acheter un héritage. Anne a le regard grave, il me semble que ce n’est pas sans remords qu’elle abandonne son enfant à son suborneur mais elle a conscience d’avoir accompli son devoir à la fois vis-à-vis de son enfant qui sera élevé par son père et vis-à-vis de son père qui n’aura pas à souffrir de son malheur. Son avenir est assuré, elle ne trouvera sans doute pas de mari qui accepte son infortune mais elle pourra vivre de son héritage.

Commentaires

"elle est devenue enceinte de ses oeuvres": le formule m'a faite sourire :-)

Une question: il y a peu de temps que je te lis. As tu déjà écrit la saga Boytier complètement où écris tu les "épisodes" au fur et à mesure?

Bien à toi
Stéphanie

Écrit par : stéphanie | samedi, 22 septembre 2007

C'est là que l'on constate à quel point les lois et les mentalités ont quand même heureusement évolué...

Écrit par : euqinorev | dimanche, 23 septembre 2007

Un beau récit mais triste sur la condition des jeunes filles de cette époque. Il n'y avait pas de contraception et un enfant se fait quand même à deux. Pas de mari possible à l'époque...
Merci enriqueta. Bon dimanche;

Écrit par : elisabeth | dimanche, 23 septembre 2007

Je préfère la fin de cette histoire avec les avortements actuels, qui me semblent vraiment problématiques tant ils sont nombreux (environ 1/4 des femmes enceintes avortent actuellement en France.)

Écrit par : Stephane | dimanche, 23 septembre 2007

Comme je l'ai écris sur ton blog, à partir de maintenant je ne viendrai plus te lire car tes idées me choquent, que ce soit celles sur les femmes, les musulmans ou les immigrés. Je regretterai malgré tout de ne plus lire tes nouvelles qui me plaisaient beaucoup.
D'autre part, le chiffre que tu avances est faux. Aucune femme n'a jamais avorté "par plaisir", sais-tu seulement ce qu'est un avortement?

Écrit par : enriqueta pour Stéphane | dimanche, 23 septembre 2007

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