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mercredi, 26 septembre 2007

Moi, Nicolas Boytier (13)

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De nombreuses personnes sont dans mon étude en ce mardi 18 Décembre pour un désistement de plainte, il s’agit d’une huée de charivari qui a mal tourné. Lors du mariage de Claude Floau, vigneron et de Marie Geneviève Giron, fille de Jean Henri Louis Giron journalier, une huée de charivari a été faite par les enfants et les habitants de Rosny, c’était le jour des morts de cette année. Marie Geneviève est une grande et belle jeune fille, elle a des yeux bleus un peu lourds mais plein d’expression. Claude est un homme de taille moyenne assez corpulent, il a un visage tanné au regard terne. Je trouve qu’ils forment un couple mal assorti. Et c’est sans doute pour cette raison qu’a été organisé ce charivari, vieille coutume qui consiste à organiser un concert bruyant et tumultueux de poêles, de chaudrons, de sifflets et de huées de cris et de quolibets. Les jeunes gens du village ont ainsi voulu exprimer leur mécontentement de voir leur échapper une prétendante de leur âge. Il y a en effet une grande différence d’âge entre Claude Floau, 45 ans qui en est à ses troisièmes noces et Marie Geneviève Giron tout juste âgée de 20 ans. Les jeunes gens ont cassé plusieurs vitres de leur maison et endommagé le mur qui clos leur jardin et le dit Claude en a gardé une blessure à l’oeil gauche . Les deux  époux se désistent afin que ceux des enfants et habitants qui ont été appréhendés et constitués prisonniers en prison du Grand Châtelet ou ailleurs soient  élargis et mis en liberté. Il s’agit de François Lapié, Etienne Lapié, Jean Nicolas Lapié, Pierre jean La Ruelle, Louis La Ruelle, Pierre Bergeron, Vincent Boisseau, Pierre Charpentier, François Girardin et Jean Baptiste Girard, tous garçons de la dite paroisse de Rosny. Ceux qui les représentent sont Louis et Christophe Portefin, vignerons, Henri Bourdon, maçon, Pierre Boucher, paveur et Nicolas Caillou, aubergiste. Claude et Marie Geneviève déclarent également que c’est à tort et par méprise si dans la dite plainte a été nommé Jacques Fontaine, cressonnier attendu qu’ils ne l’ont point vu dans la dite huée et charivari. Voilà de quoi rétablir la paix au village de Rosny où de nombreuses familles vont pouvoir récupérer leur jeune écervelé. Dans nos campagnes, tous les prétextes sont bons pour faire la fête, pour boire et se laisser aller à milles stupidités que ce soit les récoltes, les foires, le carnaval, les processions, les pèlerinages, les fiançailles, les noces et même les enterrements. La plupart des fêtes commencent par une messe et s’achèvent en bal mais elles sont toutes prétexte à ripaille et à beuverie.

L’hiver s’installe, la terre s’endort, les vendanges ont été faites, le vin est en tonneau, les fruits ont été cueillis, la terre bêchée, mais il reste encore bien des travaux. Lorsque les paysans quittent la charrue ou la vigne à cause de la pluie ou de la gelée, il faut curer les étables, entretenir les outils, c’est l’époque des travaux de vannerie et du fumage des terres. C’est une période difficile pour les journaliers qui connaissent des différences excessives entre leurs salaires d’été, trouvant sans problème de l’embauche lors des moissons, des récoltes fruitières et des vendanges et leurs salaires d’hiver, saison pendant laquelle ils trouvent difficilement de quoi survivre. Je profitais de la messe de Noël pour revoir Marie Anne Blondeau. Bien sûr je l’avais déjà croisé à plusieurs reprises à l’office du dimanche mais nous n’avions échangé que des regards appuyés. Cette nuit là, je pu enfin échanger quelques mots avec elle, une simple conversation à propos du quotidien, de la joie des fêtes de la Nativité de notre Seigneur. Elle était vêtue d’une jupe grise et d’un juste de couleur gorge de pigeon avec des rubans blancs à fleurs de différentes couleurs, un bonnet blanc en dentelles encadrait son ravissant visage. Elle évoqua le repas festif qu’elle avait préparé avec sa mère et que j’aurai volontiers partagé avec elle car il était beaucoup plus attrayant que celui qui m’attendait dans ma demeure. L’attrait d’un bon repas n’était d’ailleurs pas le seul motif qui me faisait rêver à ce repas de fête. Le cœur battant je m’enhardis à le lui dire et elle me répondit par un éclatant sourire qui fascina mes yeux, tandis qu’elle prenait congé.

Le 22 janvier,  la messe de la Saint Vincent fut pour moi l’occasion de revoir Marie Anne. Je badinais avec elle et lui donnai toutes les marques du plus grand intérêt, ayant remarqué de la sagesse en elle. Je la trouvais de plus en plus charmante et j’avais l’impression de ne pas lui être indifférent.

Commentaires

Tu dis dans une de tes notes que tu as une version papier de Nicolas Boytier ? Tu l'as sorti en livre ?
Pour ma part je pense l'imprimer sur papier pour le lire, sur PC c'est un peu trop fatiguant pour les yeux.

Fabien

Écrit par : sacados | jeudi, 27 septembre 2007

Enfin, notre Nicolas je change les idées auprès de la belle Marie anne... Pour quelques instants, il oublit plume et plaintes.
Il y a aussi du bon à vivre à cette époque, alors, pas que des duretés de la vie au quotidien...

PS : j'aime beaucoup cette couleur lilas ;-))

@BientÔt

Écrit par : cassandrali | jeudi, 27 septembre 2007

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