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mercredi, 03 octobre 2007

Moi, Nicolas Boytier (14)

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Je reçois dans mon étude aujourd’hui  jeudi 31 Janvier Philippe Desté, jardinier-vigneron à Montreuil pour un désistement de procédure criminelle. Pierre Vitry également jardiner-vigneron à Montreuil a accusé à plusieurs reprises Philippe Desté de lui avoir volé des échalas et des pêches devant la fontaine rue marchande et au cimetière rue de Paris. Il a même récidivé les mêmes insultes le dimanche 27 Janvier à la porte de l’église de Montreuil à l’issue de la première messe et en présence de plusieurs personnes où il a traité Philippe Desté de voleur disant qu‘il volait des échalas et des foins sur le territoire de Montreuil, que c’était un ravageur de biens et qu’il ravageait tout sur le territoire de Montreuil et que la prochaine fois il lui tirerait un coup de fusil dans les fesses. Pierre Vitry est un petit homme bedonnant, il porte une veste brune, une culotte en drap gris, des bas de laine écrue et de solides galoches. Appuyé des deux mains sur un bâton noueux il reconnaît ses torts et déclare  avoir été mal conseillé par un particulier (dont il tait le nom bien sûr), quelqu’un de mal intentionné et sans doute ennemi du dit Desté, son tort principal étant de ne pas avoir approfondi la vérité. Il reconnaît maintenant que c’est à tort et sans aucune raison qu’il l’a traité de voleur et que la chose était fausse et il lui en demande pardon. Il reconnaît même que ces vols  n’ont jamais existé et qu’il est impossible que le dit Desté soit l’auteur d’un vol qui n’a pas eu lieu. Je regarde ce Pierre Vitry pendant que mon greffier prend en note tout son discours de « mea culpa », il n’a pas l’air très convaincu de ce qu’il dit mais assurément motivé pour échapper à la justice et puis heureux de s’en tirer à si bon compte, 4 livres de remboursements de frais de justice et obligation de faire lire et publier le présent acte à la porte de l’église du dit Montreuil à l’issue de l’office. Sans doute qu’il y regardera à deux fois la prochaine fois que l’envie lui viendra d’insulter quelqu’un d’autre ou de colporter quelques ragots.  Philippe Desté signe l’acte à son tour, c’est un homme de haute taille, dont les yeux bleus restent indéchiffrables, il est fort malaisé de deviner ce qu’il pense.

Commentaires

Eh, imagine... Si tous les démentis des ragots de la presse people étaient placardé sur les murs des éditeurs de ce genre de presse... Y aurait de la lecture pendant quelques temps !!!
C'était le clin d'oeil du jour ;-)
& comme dirait Denisot dans le Guignols "Désolée"...
Trêve, de plaisanteries, j'admire le travail que tu réalises pour nous faire découvrir la vie à cette époque, continue.

Écrit par : cassandrali | lundi, 08 octobre 2007

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