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dimanche, 07 octobre 2007

Moi, Nicolas Boytier ( 15)

En ce samedi 14 Février  je reçois Antoine Petit, marchand boucher à Charonne pour son fils mineur Jean Louis Petit, Jacques Gabriel Prévost et Thibault Prévost, vignerons à Montreuil. Jacques Gabriel et Thibault sont frères, ce sont des hommes de belle allure, au doux regard accentué par la grandeur de leurs yeux et que l’on imagine mal en train de se battre puisqu’il s’agit d’une rixe ayant eu lieu le 11 Février à 17 heures du soir. Antoine Petit est un homme de taille moyenne, la mine haute, les yeux ressortis qui lui donnent perpétuellement un air affolé. Le chien de Prévost s’est jeté sur ledit Jean Louis Petit qui revenait de la campagne alors qu’il passait devant la porte dudit Prévost et lui a déchiré son manteau. Jean Louis lui donna alors un coup de bâton qu’il avait à la main. A ce moment Jacques Gabriel sortant de sa maison, est venu sur Jean Louis disant : « s’est donc toi qui a battu mon chien, attends canailles tu vas avoir affaire à moi » et s’est jeté sur lui, l’a frappé de plusieurs coups de pieds et de poings sur le visage, c’est alors que Thibault étant survenu s’est également jeté sur ledit Jean Louis Petit, de sorte qu’ils l’ont maltraité au point qu’il en a été dix jours au lit malade. Les frais de maladie, pansements, médicaments, les journées de garde malade et la paye du garçon boucher qui l’a remplacé s’élèvent à 96 livres. Ils n’ont pas du y aller de main morte ces deux là! La prochaine fois, ils parleront avant de se battre. Mon regard croise celui d’Antoine, une lumière dans son regard décèle un amusement difficilement dissimulé. Les histoires absurdes l’ont toujours beaucoup diverti. Antoine est un garçon enjoué, d’une nature heureuse, qui a le don de voir la vie avec un regard humoristique. Il me fait remarquer que ces 96 livres sont exactement le prix que lui ont coûté acheter une couchette contenant un traversin, deux oreillers, deux taies d’oreiller, deux matelas, deux couvertures, une courtepointe et un contre-pied, il trouve que c’est une belle somme pour un pauvre chien qui faisait du zèle en croyant défendre sa maison!

La mi-carême débute comme de coutume par une cavalcade puis on brûle un mannequin de paille à la tombée de la nuit, il représente les cocus ou les femmes de mauvaise conduite. J’ai aperçu Marie Anne à l’occasion de ces fêtes alors que la cavalcade venait de quitter la rue des Ours. Nous ne pûmes échanger que des banalités en nous saluant mais les regards si fréquents qu’elle me fit à plusieurs reprises me permirent d’espérer qu’elle m’estimait beaucoup. Je la trouvais fort ravissante ainsi, vêtue d’une jupe noire et d’un juste d’étamine brune aux rubans citron à fleurs vertes et rouges. J’apprécie sa coquetterie modérée.

 

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Commentaires

On laissait le temps au temps à cette époque... Allez Nicolas, lance toi et invite cette jeune femme à prendre un thé - si cela se faisait...
Allez Enriqueta, un petit tête à tête tout les deux, non ? Ah c'était pas bien de le faire à cette époque ?

Écrit par : cassandrali | lundi, 08 octobre 2007

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