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mercredi, 31 octobre 2007

La femme dans le RER (7)

Elle était de plus en plus persuadée que quelque soit nos actions, nos décisions c’est le destin qui décide. Elle continuait à agir mais le cœur n’y était plus, cela devenait un réflexe. Elle pouvait se démener, mettre toute son énergie, toute sa foi, cela ne lui servait à rien puisque le destin ne voulait pas lui accorder ce dont elle rêvait. « Il n’y a rien que tu ne fasses que le destin ne te laisse accomplir », lui disait une voix intérieure. Elle se soumettait à son destin de solitude. Solitude à peine entrecoupée par le passage ponctuel des hommes qui partageaient son lit mais rarement son cœur. Parfois elle se les remémorait, elle se racontait à nouveau chacune de ses histoires, sous un éclairage positif ou négatif selon le moment mais ce qui l’angoissait de plus en plus c’est de constater qu’ils étaient si nombreux qu’elle commençait à ne plus se souvenir de leurs prénoms et à confondre les souvenirs liés aux uns et aux autres. Elle ne comprenait pas comment cela était possible, c’était si loin tout ça de ses rêves de jeune femme. D’une histoire à une autre et parce qu’elle croyait à l’amour elle avait multiplié les aventures mais la vie elle-même n’en est-elle pas une ?

 

 

mardi, 30 octobre 2007

Le jeu de Captainelili

Ma participation au jeu de Captaineliili est ici :

http://enriqueta.blogs.psychologies.com/ecrire/2007/10/le...

Pour savoir toute la vérité sur la mère Noël.

La règle du jeu vous attend ici :

http://lequipedechoc.over-blog.com/article-13398719-6.htm...

La femme dans le RER (6)

Elle avait toujours été une grande rêveuse et son imagination était très fertile. Elle avait cru autrefois que cette imagination était peut-être révélatrice d’un talent de conteuse ou de romancière. Elle avait écrit de nombreuses nouvelles, quelques contes et un roman et puis elle avait essayé de trouver un éditeur intéressé par ses écrits. Ce rêve l’avait dévoré pendant dix ans avant qu’elle n’admette qu’une imagination fertile n’est pas un signe de talent. Elle n’avait pas de talent pour écrire, elle savait juste écrire correctement, en respectant l’orthographe et la grammaire mais sans flamme et sans originalité.

Parfois, elle pensait qu’elle n’était pas faite pour la vie de couple. En couple elle se lassait vite et s’ennuyait rapidement. C’était bien au début, pendant la période « nuages », quand on est très amoureux et qu’on ne voit pas les obstacles. Mais arrivait toujours le moment où elle ne riait plus à ses blagues, où elle ne supportait plus ses petites habitudes et où elle ne voyait que ses pantalons trop courts. Alors elle s’en allait ou elle se rendait odieuse pour qu’il s’en aille, c’est pareil. Elle se sentait à la fois victime et bourreau. Toujours double. Elle avait toujours cette impression d’être deux, non pas alternativement, mais en même temps. Le malheur au cœur du bonheur et le bonheur au cœur du malheur. La femme qui espère et celle qui désespère à la fois. Rire et pleurer, vouloir et ne pas vouloir, aimer et haïr.

lundi, 29 octobre 2007

La femme dans le RER (5)

Souvent elle rêvait d’une vraie rencontre, une rencontre où les regards et les sourires précèdent les mots. Elle serait d’abord séduite par son regard sombre ou clair, peu importe, mais un regard lumineux et puis par son sourire doux, tendre peut-être, et par son rire de petit enfant espiègle. Viendrait ensuite sa voix comme une douce musique apaisante et puis seulement les mots, la séduction des mots. Rencontrer quelqu’un pour beaucoup c’est naturel, mais pour elle c’est un travail à plein temps. Son autre travail c’est d’être bibliothécaire à la bibliothèque François Mitterrand. Elle s’entend assez bien avec la majorité de ses collègues, bien qu’elle ne soit vraiment amie avec aucune d’entre elle. Elle dirige sans heurts un service, c’est la reine du planning « équitable ». Le midi, plutôt que d’aller manger au self, elle préfère aller regarder les bateaux à quai et ceux qui circulent sur la Seine et ce, quelque soit le temps. Elle mange en rêvant qu’elle s’en va sur l’un d’entre eux ou bien elle imagine la vie des gens qui sont sur ces bateaux. Sa collègue Violaine la soupçonne d’aller rejoindre en douce un amant (soit un homme marié, soit un homme politique connu, selon son imagination). Mais elle ne fait que rêver.

dimanche, 28 octobre 2007

La femme dans le RER (4)

Elle avait maintenant cette autre vie virtuelle faite d’espoir et de déception. Pourquoi s’entêtait-elle ainsi à se trouver un compagnon de route ? Cela non plus elle ne le savait pas. Elle aurait du être découragée depuis longtemps, découragée par ces échecs répétitifs et ses brèves histoires sans lendemain. Non seulement cela ne durait pas mais les hommes de sa vie avaient tous été des courants d’air, des fantômes…même quand ils étaient sincères ils avaient tous un feu qui les dévorait et qui les entraînait loin d’elle : un travail, un enfant, une maîtresse cachée, une épouse, un sport, une association, un art…Et puis il y avait ceux qui vivaient dans une autre région. Spécialiste des liaisons longues distance elle connaissait par cœur de nombreuses lignes de chemin de fer de France et quelques lignes aériennes. Quand elle avait un homme dans sa vie il était davantage dans sa tête que dans ses bras. Sa destinée à elle c’était la solitude amoureuse à peine entrecoupée par des liaisons « en pointillé ».

samedi, 27 octobre 2007

Un jeu de ouf!

Vous attend ici :

http://lequipedechoc.over-blog.com/

faut être fou pour y jouer, faut être fou!!!

Le banc de bois abandonné

Sur ce banc de bois abandonné

Je me languis des derniers rayons de soleil

Mon cœur attend un dernier signe d’amour

Avant que ne s’enfuit la douce chaleur du jour

Quelque message que tu aurais laissé

Dans la chair de ce bois qui nous a abrité

Quand notre amour naissait et semblait s’envoler

Sur de tendres nuages d’un ciel tout envoûté

Aujourd’hui, les jours de notre amour sont comptés

Et nos blessures ne peuvent cicatriser

Car chaque jour nous éloigne de cet été passé

Et des promesses de nos cœurs éprouvés.

Youpi!

Comme mes compteurs Blog-it et Moostik ne sont pas d'accord, impossible de savoir avec exactitude quel fut le

21 000ème visiteur de mon blog, les trois "candidats" sont :

Azalaïs, Edy To et Pierrot

des nouveaux lecteurs... ça tombe bien c'est l'occasion pour moi de remercier tous les nouveaux lecteurs de mon blog qui sont venus ici "par hasard", par l'intermédiaire d'un de mes contacts ou grâce à l'Equipe de choc.

Merci!

Je salue aussi les anciens en espérant qu'ils restent longtemps dans la blogosphère. Deux de mes anciens contacts viennent de mettre leur blog en sommeil, d'autres avant eux ont disparu...Y'en a marre!

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La femme dans le RER (3)

Pourquoi tous ces rendez-vous angoissants ? Parce qu’elle n’arrivait pas à rencontrer des hommes « naturellement ». Cela paraissait naturel ces rencontres là dans la vie des autres femmes mais pour elle rien de naturel depuis très longtemps, depuis si longtemps qu’elle ne se souvenait plus quand elle avait basculé du naturel au virtuel. Bien sur elle avait une vie normale comme tout le monde et dans cette vie normale elle croisait des gens, leur parlait, échangeait des idées, riait avec eux mais jamais plus que ça. Pour elle, pas de voisin au bonjour un peu plus appuyé, pas de collègue de travail qui l’invite à boire un verre à l’extérieur, pas d’homme attentionné à son club de remise en forme ni dans son club de randonnée, pas d’amis soucieux de lui présenter un célibataire de leur connaissance, pas de joyeux hasard et de rencontre fortuite dans le bus, en vacances ou ailleurs…Pourquoi ? Elle se l’était longtemps posé cette question seule et avec l’aide d’un psychiatre mais elle n’avait jamais trouvé de réponse satisfaisante pour lui permettre de faire changer les choses et avait finit par ne plus se poser de question. Qu’est-ce qui clochait chez-elle ? Elle n’était pas plus laide ni plus belle qu’une autre, ni plus bête ni plus intelligente. Qu’avait-elle en plus ? Q’avait-elle en moins que les autres ? Elle ne se posait plus ces questions ridicules et douloureuses.

vendredi, 26 octobre 2007

La femme dans le RER (2)

Elle ne tend qu’à une seule chose : ne plus être seule. Ne plus être seule pour aller au cinéma ou pour faire les courses, pour partir en vacances ou pour aller se promener. Elle aimerait que quelqu’un l’attende quand elle rentre du travail ou bien attendre quelqu’un en préparant le repas. Elle aimerait entrer dans un magasin pour homme et y acheter des vêtements pour son homme à elle. Mais elle est là dans ce RER seule, solitude coutumière mais pesante quand même. Des hommes elle en a eu bien sûr mais ils ne faisaient que passer : trois jours, trois mois, trois ans, quelle importance ? Jamais rien de durable, pas de bague de fiançailles, pas de petit nid douillet pour deux et pas d’enfant né de l’amour pour oublier le temps qui passe. Et pourtant un enfant il y en avait eu un dans son ventre pendant trois mois et puis il était parti lui aussi, il n’avait pas voulu d’elle comme maman. Et elle était là dans le RER, nerveuse, inquiète, angoissée. Elle s’était faite belle quand même. Elle s’était bien coiffée, maquillée, parfumée, elle avait choisi avec soin ses vêtements. Et elle était là dans le RER en route pour son destin.