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mardi, 06 novembre 2007

Moi, Nicolas Boytier (18)

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Aujourd’hui jeudi 6 Avril, sont comparus devant moi Denise Mulot fille mineure de Robert Mulot, marchand laitier à Montreuil et Noël Charles Charpentier, fils mineur d’Alexandre Charpentier, maître des écoles de la paroisse de La Pissotte. Antoine connaît bien cet Alexandre. Il est aussi le sacristain de la paroisse. J’ai déjà fait allusion aux faibles gages que reçoivent les maîtres d’école, cela est dû au fait que, dans nos campagnes, peu de familles envoient leurs fils et leurs filles à l’école. Lorsqu’ils le font, la venue de l’enfant est irrégulière et les parents ne payent pas facilement les gages qu’ils doivent au maître. A Montreuil il est prévu que chaque famille paie huit sols. A la fin de l’année, Antoine est obligé d’aller de porte en porte demander son du, situation on ne peut plus embarrassante! Le fils Charpentier est un jeune homme bien fait. Mardi dernier, sur  les quatre heures environ après midi, Denise Mulot étant dans le pays de Thiais pour lever le lait des différents particuliers chez lesquels elle le lève journellement pour le commerce à son père, étant dans sa voiture arrêtée à la porte du nommé Delamare, bedeau à La Pisssotte, le dit Noël Charles Charpentier a monté par le derrière de la voiture pour badiner avec Denise, ce que voyant ladite Denise est descendue de dedans sa voiture et a dit plusieurs fois à Noël Charles de descendre et voyant qu’il n’en faisait rien elle a pris une poignée de boue qu’elle lui a jeté au visage. Noël Charles qui a l’air d’être un petit coq de village, peu habitué à un refus, ne supportant pas d’être ainsi rejeté pris un pot au lait et lui a jeté à la tête, duquel coup elle se trouve avoir une plaie à la tête dont elle se ressent de vives douleurs et est obligée de se faire soigner, saigner et médicamenter par Denis Garin chirurgien à La Pissotte, drôle de façon de montrer son ardeur à une jeune fille avec laquelle on veut badiner. La jeune Denise, une jeune fille pâle, les cheveux blond cendré relevés, a le visage qui se marbre de plaques rouges dés qu’elle doit prendre la parole. C’est une fille obéissante, où bien ce Noël Charles n’est  pas à son goût, elle refusa donc d’entrer dans son jeu et le garçon ne pu supporter cet affront. Cette blessure d’amour propre lui coûte la coquette somme de quatre vingt dix livres en pansements, médicaments, nourriture et paiement d‘une domestique faisant l‘ouvrage de Denise. De quoi lui mettre un peu de plomb dans la cervelle, je l’espère.

 

La messe de Pâques m’offrit à nouveau une longue discussion avec Marie Anne, sa coiffe de mousseline mettait en valeur son doux visage qu’éclairait son regard étincelant. Elle était à nouveau vêtue d’un gris qui soutenait la couleur de ses yeux, son juste était cette fois-ci orné de rubans bleus à fleurs. Depuis Noël nous avions continué à nous saluer à chaque office dominical, échangeant quelques mots sous le regard bienveillant de sa mère. Quand à moi, ne pouvant ignorer davantage que mon cœur battait un peu plus fort à chacune de nos rencontres et qu‘elle avait captivé mon esprit et mon coeur, je m’étais déjà ouvert à mon père des sentiments qui naissaient en moi et il ne s’était pas montré hostile à mes projets. Le temps qui s’adoucit redonne vie aux rues de notre village. Le dimanche on peut voir les habitants dans la grande rue, vêtus de leurs meilleurs habits, bavarder avec leurs voisins, chanter, jouer aux boules, aux quilles, aux billes, aux volants…Ils reprennent des forces car ils ne ménagent pas leur peine les jours ouvrables.

 

Commentaires

Ce cher Nicolas va-t-il oser déclarer sa flamme à la belle ? En tout cas quelle patience...

Écrit par : cassandrali | mardi, 06 novembre 2007

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