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mercredi, 14 novembre 2007

Moi, Nicolas Boytier (21)

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En ce dimanche 19 Mai jour de la Saint Yves, patron des notaires, il m’est donné d’entendre une histoire dont je ne sais que penser. Anne Adelaïde Marchand, fille mineure de Jean Robert Marchand, vigneron à Montreuil  se désiste de la plainte rendue contre Jean François Ferret, bourgeois de Paris qu’elle avait accusé de tentative de viol. Ils habitent une maisonnette de deux pièces. Dans la première, le mobilier se réduit à un lit garni de paillasse et d’une couverture, une table et des bancs. C’est une jeune fille blonde, son visage est ovale et ses yeux bleus bien fendus reflètent une immense tristesse. Son père est un vieil homme usé qui parle à voix basse, l’air languissant presque abattu. Dans sa plainte elle prétendait que le dit Ferret l’avait attaqué dans les champs le dimanche 9 Avril entre dix heures et onze heures du matin sous prétexte de vouloir jouir d’elle forcément puis de l’avoir poursuivie jusque dans sa maison et d’avoir cassé un carreau en essayant d’entrer. Les déclarations des uns et des autres me semblent bien courtes pour être honnêtes et le regard désespéré de cette pauvre Anne Adelaïde me laisse à penser que l’agression a bien eu lieu. Il est fort probable que le dit Ferret a acheté le silence du dit Marchand. L’âge et la fatigue se lisent sur son visage, son teint est livide et il parle d’une voix aiguë tandis qu‘il déclare que c‘est par pure bienveillance qu‘il paît les trente et une livres correspondant aux frais de justice. Je suis mal à l’aise en sa présence : avec son ton geignard et ses hochements de tête entendus, le personnage m’agace. L’atmosphère est lourde et silencieuse dans la pièce, j’entends grincer la plume sur le papier. Cette situation me révolte mais que puis-je faire? J’espère seulement que cet homme n’est pas parvenu à ses fins.

 

Une fois rentré à mon étude, je n’ai guère le temps de penser à cette pauvre Anne Adelaïde car une autre affaire retient mon attention. Cette affaire oppose Louis Gatien Aubireau, marchand vitrier entrepreneur des bâtiments du roi, propriétaire d’une maison de campagne, jardin et dépendances à La Pissotte de Vincennes, Grande rue, à Nicolas Cartier domestique de Monsieur le comte Grillou, elle survint le dimanche 12 Mai sur les 9h à 10 h du soir. Alors que le dit Cartier se promenait près de la maison, le dit Aubineau le pris par erreur et méprise pour le rodeur qui lui avait volé plusieurs poulets la nuit précédente et dans un moment de colère où il était dépourvu de raison, il tira alors un coup de fusil qui blessa dangereusement le dit Cartier en différentes parties de son corps et notamment à l’œil droit. Il le reconnaît pour homme d’honneur et de bien non capable de voler et il s’engage à payer 80 livres pour les aliments et nourritures, les soins, pansements et médicaments jusqu’à parfaite guérison. Si le dit Cartier perd son œil une somme supplémentaire sera à débattre pour pension alimentaire et viagère.

 

Commentaires

Avec ou sans argent, crois-tu que la plainte de la jeune Anne aurait été plus loin ?

Écrit par : cassandrali | mercredi, 14 novembre 2007

Quel monde de misères....

Écrit par : elisabeth | mercredi, 14 novembre 2007

et Zola voudrait nous faire croire qu'il connaissait la vie!
Je retourne vers ma grèce antique retrouver mon alexandre le Macédonien, et si vous insistez un peu, je veux bien faire un effort, mais je m'arrête au 12è siècle!
(sourire)
Bernadette (senioretjournal)

Écrit par : senioretjournal | jeudi, 15 novembre 2007

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