Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 18 novembre 2007

Moi, Nicolas Boytier (22)

L’affaire que j’entends en ce samedi 9 juin est particulièrement délicate puisqu’elle oppose un mari, Guillaume Salvan, bourgeois résidant à paris rue et paroisse St Séverin à son épouse, Marie Madeleine Coligny retenue en maison de force. Nous sommes dans sa maison de campagne de Montreuil sise petite ruelle des sœurs. Le dit Salvan se désiste de plusieurs plaintes, s’engageant à ne plus rendre aucune plainte contre elle ni de la faire renfermer, la laissant en sa pleine liberté d’aller et venir quand bon lui semblera et de faire sa demeure et résidence où elle voudra tant à Paris que partout ailleurs. C’est un homme de grande taille, tout de noir vêtu. Au fur et à mesure de sa déclaration j’ai l’impression que ses yeux noirs s’assombrissent encore davantage, comme noyés de tristesse. Il me semble évident  que cette pauvre Marie Madeleine ne s’entend plus avec son époux qui refusait de lui rendre sa liberté. Ce n’est pas le premier couple qui ferait « résidence à part », je ne vois pas d’autre solution quand la mésentente s’installe durablement. Mais on ne retient pas une femme en l’enfermant dans une maison de force! On m’a déjà parlé de ces maisons comme d’un véritable enfer, des rangées de 20-30 lits entassés dans des chambres et il n’est pas étonnant d’y voir 5 ou 6 personnes en un seul lit. Ces lieux sont sales et les êtres humains y sont traités comme des bêtes furieuses, le pire consistant à y mélanger des gens sensés comme cette Marie Madeleine et des fous car ces maisons servent autant de prison que d’hospice de vieillards, d’asiles d’aliénés et d’hôpital de soins. Cette confusion entraîne que des êtres supportent en plus de leur peine les menées agressives et les injures de furieux, aussi le séjour dans cette maison de force équivaut souvent à une lente déchéance vers la folie.

Me voilà bien philosophe! Dans un coin de mon esprit, les yeux de Marie Anne me fixent, avec un rien de coquetterie. Marie Anne est devenue officiellement ma fiancée depuis deux jours. Mon père et moi-même avons été très bien accueillis par Marie Claude Darenne, la mère de Marie Anne qui a donné une réponse favorable à ma demande. Nous allons pouvoir nous fréquenter au grand jour en attendant le jour de nos noces. Marie Anne m’a dit les paroles du monde les plus encourageantes et m’a assuré de sa foi et de sa fidélité et je lui est donné pour gage de ma foi une croix et un cœur en or, deux gobelets en étain fin et de nombreux rubans de différentes couleurs puisqu’elle les aime tant.

Commentaires

Les maisons de forces pour les femmes lorsque le couple ne s'entend plus, quelle horeur !!!
Brrrr... Je n'regrette pas cette époque.
Heureusement que les mentalités ont évoluées !
Bon, j'vais lire la suite.

Écrit par : cassandrali | lundi, 26 novembre 2007

Les commentaires sont fermés.