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vendredi, 30 novembre 2007

Une sculpteuse de talent

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Touareg
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Turkana
Brigitte Fournier-Valette
Le vendredi 7, samedi 8 Décembre de 15h00 à 19h00 et le
dimanche 9 Décembre de 10h30 à 12h00 15h 18h à ORSAY

Moi, Nicolas Boytier (27)

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« Pluie fine à la Saint Augustin, c’est comme s’il pleuvait  du vin »

 

Nous sommes le mardi 11 Septembre et j’écoute Jacques Lefevre, dit Lajoie, un grand homme rubicond, marchand de vin,  à l’enseigne la rose rouge dans la paroisse de Saint Mandé. Le dit Lefevre est un homme entre deux âges, ni grand ni petit, ni gros ni maigre, vêtu de noir, un visage pâle aux yeux délavés. Son auberge est réputée pour offrir des chambres claires, proprement tenues, bien chauffées et de délicieux repas tels que pot au feu, fricassées et rôtis. Il déclare que Pierre Bouquet fils de Marie Chatelain, mineur mais émancipé par son mariage, vigneron à Montreuil et un autre particulier, Charles François Clavier, dit Piedfin, repasseur de rasoir ambulant, natif de Chauviray le château en Franche Comté sont venus chez lui vers minuit la nuit du jeudi au vendredi frapper à la porte du devant sa maison en disant d’ouvrir la porte et de leur donner du vin. Que leur ayant répondu qu’il était heure indue, ils l’ont menacé puis ils ont passé par-dessus le porche depuis une masure voisine et sont venus frapper à la porte de derrière donnant sur le jardin. Par les coups qu’ils ont frappé, ladite porte s’est ouverte et étant entrés dans la maison, ils ont dis de leur donner du vin et de la lumière que sinon ils allaient tout casser. Sa femme ayant pris le dit Bouquet par le bras, il s’est jeté sur elle puis sur Jacques qui s’était porté au secours de sa femme. Pierre Bouquet lui a alors porté un coup de battoir sur la tête avant de s’enfuir, ayant entendu venir du monde. Jacques est venu se désister de sa plainte et le dit Bouquet s’engage à payer cinquante livres pour le remboursement d’une croix d’or, d’une bague d’argent et d’un fichu que sa femme a perdu pendant cette rixe pour ramener la bonne intelligence entre eux. Et il demande pardon déclarant qu’il n’a agit ainsi que dans un moment d’ivresse où il était dépourvu de raison. On ne parlera jamais assez des méfaits de la boisson dans nos campagnes!

 

mercredi, 28 novembre 2007

Quand Agathe rencontre Nicolas...

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Irène et moi-même vous proposons une nouvelle interactive, Agathe, l'héroïne phare d'Irène, va porter secours à Nicolas Boytier, héros dont vous pouvez lire les aventures sur mon blog.

 Nous attendons vos suggestions pour écrire la suite.

 J'ai écrit ce premier épisode, Irène écrira le second puis moi le troisième...et ainsi de suite.

http://lequipedechoc.over-blog.com

Moi, Nicolas Boytier (26)

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En ce mardi 28 Août j’écoute à nouveau une histoire d’amour déçu. C’est l’histoire de Michel Luquet, garçon majeur, domestique du sieur Jaullain, bourgeois à Paris faubourg Saint Antoine qui, en état d’ivresse chez le sieur Lamotte marchand de vin à Montreuil a proféré des paroles contre l’honneur et la conduite de Geneviève Pignot, fille de François Pignot, laboureur à La Pissotte, une petite brune d‘une jolie figure. Ce Michel est un jeune homme bien découplé, grand mais un peu voûté. Il ne se souvient point de ce que rapportent les témoins mais reconnaît avoir eu tort et désavoue ce qu’il a dit contre elle à Louis Landragin son prétendent, cordonnier à La Pissotte, lui assurant qu‘elle aurait été mise deux heures au carcan, il ne l’a dit que dans l’intention d’empêcher qu’elle se marie à tout autre qu’à lui-même et qu’il est absolument faux qu’il l’ait menacé de lui faire aucun mal. Ce mélange de colère, de  confidences et d’omissions le jette dans la confusion et le malaise, il reconnaît que Geneviève peut se marier quand et à qui bon lui semblera puisqu’il n’est pas assez heureux pour pouvoir parvenir à l’épouser ainsi qu’il l’aurait désiré de tout son cœur. Il s’engage à ne plus jamais ni méfaire ni médire contre elle non plus qu’à l’encontre de son mari, son père, sa mère, ses frères et sœurs et toute la famille. Si je désapprouve fortement et l’excès de boisson et la médisance de ce garçon je me sens cependant ému par la sincérité évidente dudit Michel qui semble si malheureux d’avoir perdu celle qu’il aime. Pour une fois, il ne semble pas y avoir une histoire d’argent sous cette histoire d’amour. Je pense qu’il faut bien du courage à un homme pour reconnaître ses sentiments.

 

C’est l’époque des rogations, une procession parcours les champs, les vignes et les jardins tandis que notre curé le père Dupin bénit la terre, les arbres et les pieds de vigne.

 

 

mardi, 27 novembre 2007

Dans une boîte de carton...

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Dans une boîte de carton

J’ai retrouvé les souvenirs

De notre premier dimanche

Un ticket de train à demi effacé

Pour rejoindre la fête foraine

Où un certain Monsieur Croquepois

M’avait donné rendez-vous…

Il m’y attendait à l’entrée

Et son sourire me promis des merveilles

Dans cette boîte de carton

Je trouvais aussi une lanterne magique

Qu’il avait gagné pour me plaire

Au jeu de la « chaussure comique »,

Un briquet aux couleurs psychédéliques

Et une cannette de soda vide

Que nous avions partagée

En nous dévorant des yeux

Juste avant d’échanger notre premier baiser

A la nuit tombée sous le regard complice de la lune…

J’ai refermé cette boîte en carton

Qui un jour me rappela

Pourquoi je devins Mme Croquepois

Ma participation au jeu de Bénédicte.

lundi, 26 novembre 2007

Encore un blogue...

...qui ferme ses portes sans dire au revoir...

"Prenons l'air" d'Eddy To n'existe plus...

...politesse...vous avez dit politesse???

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Moi, Nicolas Boytier (25)

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« Juillet ensoleillé remplit caves et greniers »

 

Ce Lundi 7 Juillet je me suis transporté dans la demeure d’Isaac Boytier mon cousin, procureur à la prévôté de Montreuil qui demeure Grande Rue en face de l’église, pour un désistement de plainte le concernant ainsi que Jean  Faugeron, maître chirurgien et son épouse Jeanne Charton. Sont également présents douze personnes choisies parmi les notables de Montreuil dont Louis Périchard et Jean Louis Dormeau marguillier comptable de l’œuvre et fabrique de l’église de Montreuil. L’objet de ce litige est une déclaration de mon cousin faite en public. Il a déclaré que l’épouse du dit Faugeron avait bu avec excès lors du repas du sieur Rougeotte où cette Marie Charton fut indisposée. Je me retiens pour ne pas rire car je sais que la dite Charton avait vraiment abusé de vin ce jour là et qu’elle est coutumière du fait, ce qui me semble-t-il ne concerne pas mon cousin qui aurait fait mieux de se taire, mais mon cousin est quelque un d’esprit assez procédurier qui aime donner la leçon aux autres. De plus, il a depuis plusieurs années  de nombreux griefs contre ce Faugeron qu’il accuse de lui avoir fait payer très chers les soins prodigués à son épouse à l’occasion de son accouchement. Le dit Faugeron est un grand homme sec à l’air sévère aux mains fines et étonnamment longues, son épouse est une femme toute vêtue de noir, ses cheveux sont blancs et son visage est bouffie et couperosé, je ne peux m’empêcher de sourire discrètement en entendant mon cousin déclarer qu’il reconnaît Jean Faugeron et son épouse pour gens de probité et d’honneur incapables de ce dont-ils les a accusé et que l’indisposition de madame a pu être causée par quelque chose d’indigeste qu’elle a mangé au dit repas! Le voilà qui joue au chirurgien maintenant et qu’il nous donne un diagnostique médical! Tandis qu’il déclare que la dite femme est une femme incapable de se prendre de vin, je me souviens de ce qu’il m’a dit hier en évoquant cette affaire, de cette voix si forte qui surprend toujours, émanant d’un corps si maigre, traitant ce Faugeron de cochon, de fripon, de voleur et sa femme d’ivrogne. Je vois encore son vieux visage tendu et ses yeux qui lançaient des éclairs quand il déclamait que les chirurgiens sont des ignorants, forts paresseux à soigner les malades et qui, à la moindre chose qu’ils ont, coupent bras et jambes sans nécessité. Mais voilà, il veut à tout prix éviter un procès et les suites toujours désagréables d‘une pareille procédure. Je l’entends encore me dire : « Il faut trois sacs à un plaideur : un sac de papiers, un sac d’argent et un sac de patience, ce dont je suis dépourvu ».  J’avais conté cette entrevue à Antoine aussi ne suis-je pas étonnée de voir dans son regard une petite lueur malicieuse que j’ai souvent vu naître dans l’oeil de mon ami. Cette ridicule affaire ne lui coûtera que douze livres.

 

dimanche, 25 novembre 2007

Moi, Nicolas Boytier (24)

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 C’est une nouvelle querelle de groupe que j’entends en ce mercredi 26 juin. C’est à l’occasion du tirage au sort de la milice, dimanche dernier à Fontenay que se sont battu environ trente garçons, ceux de Nogent et ceux de Vincennes contre les garçons de Fontenay. Chaque paroisse doit fournir des hommes célibataires âgés de vingt à quarante ans pour servir deux ans dans la milice. Je suis bien heureux d’en être exempté de par ma fonction car c’est un sort bien misérable qui attend le jeune homme qui a eu le malheur d’être tiré au sort. Ils doivent quitter leur village en laissant des femmes qui pleurent le départ d’un fils ou d’un frère, on les transforme en soldat en leur donnant un uniforme puant qui a sans doute été celui d’un mort de la guerre précédente et un havresac trop lourd qui tire le dos et scie les épaules. Et puis il faut marcher pendant des jours et des jours, dans le froid et la boue de l’hiver, souffrant de faim et de soif jusqu’à ce que les galoches partent en morceaux et que les pieds soient en sang. La peur, le chagrin et le mal du pays tuent l’espérance. Et puis le pire : les champs de bataille : les clairons, la peur de mourir, le sang des camarades fauchés à côté de soi, la douleur, les cris, les hennissements, les hurlements, les lamentations des blessés, les râles des mourants et souvent au bout de l’horreur, l’invalidité. Le soldat est alors abandonné sans secours, réduit à la misère jusqu’à la fin de sa vie. Trois des trente garçons ont été mis en prison à la clameur publique, en prison de Fontenay, deux de Nogent  Roch Milcent et Gilles Girard et un de Vincennes, Jean Baptiste Claude Bouillet, tous trois vignerons, écroués à la requête du procureur fiscal de Fontenay d’après l’interrogatoire qu’ils ont subi. C’est Louis Périchard, vigneron, syndic des habitants de Fontenay qui vient se désister pour faire libérer les trois garçons, qu’un séjour de quelques jours en prison aura certainement calmé, leurs noms seront rayés et biffés des registres de la geôle pour le repos des habitants des dits lieux de façon à ce qu’ils vivent en paix. Je connais bien ce Louis Périchard que je rencontre à l’assemblée des habitants, la Fabrique avec les autres notables de la paroisse. Depuis quelques années c’est moi qui y remplace mon père qui se trouve trop fatigué pour ces longues réunions auxquelles il a participé assidûment pendant près de trente ans. C’est grâce à l’acharnement de ce Louis Périchard que la Fabrique a obtenu du roi de faire paver le chemin de Paris et c’est pourquoi c’est lui désormais qui préside notre assemblée. L’été est la saison la plus intense dans nos campagnes. Il faut traiter la vigne au souffre. C’est l’époque des moissons, il faut battre dans la grange le blé et les autres grains, les vanner et les cribler.
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Aujourd’hui jeudi 27 Juin c’est mon contrat de mariage que je viens de signer. Les noces sont fixées au mois d’Octobre de l‘année prochaine, après les vendanges. Je lui ais offert en gage une croix en or, un cœur et des boucles en argent. Nous aurons de courtes fiançailles (moins d‘un an et demi), ce qui n’est guère habituel, mais Marie Anne ayant déjà été fiancée sa mère a consenti cette entorse à la tradition. Il est possible aussi qu’effrayée par les premières fiançailles elle agisse ainsi pour ne pas risquer à nouveau une rupture. Peu importe ses raisons puisqu’elles servent ma cause, je vais  avoir 31 ans le 30 Août et il me tardait de me marier, c’est aussi le sentiment de Marie Anne qui a eu 26 ans le 16 Décembre. Il me plaît d’évoquer avec Marie Anne le jour de nos noces. Antoine sera mon témoin et tout le voisinage sera invité. On rôtira un bœuf, un veau et un mouton, on dansera sous les arbres jusqu’à minuit.

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samedi, 24 novembre 2007

Aimer c'est...

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"L'amour, c'est aussi se découvrir en écoutant chanter des mots qui sont encore à inventer."

Jacques Salomé

vendredi, 23 novembre 2007

Moi, Nicolas Boytier (23)

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Jean Baptiste Sausin, vigneron à Montreuil est venu me trouver ce dimanche 16 Juin pour me conter une bien étrange histoire qui lui est arrivé le Vendredi  précédent sur les cinq heures du soir. Il serait venu chez lui une fille lui demander gîte pour la nuit disant être la fille du père Cointre, vigneron à Noisy le sec, et le samedi matin cette dite fille demanda au comparant de lui donner quelque chose pour déjeuner, n’ayant rien, il lui donna une assiette d’étain pour aller à la boucherie de ce lieu chercher des côtelettes de mouton mais voyant que cette jeune fille ne revenait pas, fut dans son étable voir si le drap qu’il lui avait donné pour se coucher sur la paille y était et fut des plus surpris de ne point voir son drap. Il alla à Noisy le Sec pour s’informer de cette fille, trouva le père Cointre, sa femme et sa fille qu’il ne reconnu pas pour être celle qui était venu coucher chez lui. Je connais le père Cointre, c’est un homme âgé et voûté avec un visage buriné et tanné, une couronne de cheveux blancs clairsemés encadre un crâne tavelé de tâches brunes. Le père Cointre effrayé de cette nouvelle s’en fut à Paris trouver leur fille aînée et l’emmena au comparant qui ne la reconnu pas non plus pour être celle qu’il avait logé. En effet sa voleuse était une jeune femme grande et blonde alors que les deux filles Cointre sont menues et brunes, et comme ce vol a été répandu dans le public, ce qui est dans le cas de ternir l’honneur et la réputation des dites filles Cointre, le dit Sausin voyant qu’il a été induit en erreur fût conseillé de reconnaître les dites filles Cointre comme n’étant ni l’une ni l’autre celle qu’il a logé chez lui et qui lui a volé son drap et son plat. Ce jean Baptiste est un brave homme, il est encore jeune, il a une courte chevelure brune, sa bouche aux lèvres minces se serre très fort quand elle se crispe et je suis désolé que le sort ne récompense pas la confiance et la charité dont il fit preuve en ouvrant tout grand sa porte à une inconnue qui lui demandait aide et protection. L’escroquerie de cette jeune fille est grave car la voleuse a trompé la confiance que chacun doit pouvoir mettre en ses semblables et je crains fort qu’on ne retrouve jamais cette fille, à moins qu’elle ne recommence ailleurs le même forfait.