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samedi, 01 décembre 2007

Moi, Nicolas Boytier (fin)

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De nombreuses personnes ont envahi mon étude en ce lundi 24 septembre. Marie Claude Brunet, veuve de François Berthelot, Marie Françoise Berthelot, sa fille, Geneviève Berthelot, femme de Nicolas Driancourt et Françoise Berthelot femme de Julien Daniel Legrand, toutes laitières à Romainville reconnaissent que c’est mal à propos et en présence de plusieurs personnes qu’elles ont insulté et maltraité Simon Driancourt, voiturier à Romainville et François Germain Bouche, jardinier vigneron à Montreuil le traitant de Cartouche, nom d‘un fameux voleur, qu‘ils devaient être rompus et brûlés. Ces quatre jeunes femmes sont grandes et bien charpentées, elles ont toutes de cheveux châtains très clairs, seul la couleur de leurs yeux est différente, Marie Claude et Marie Françoise ont des yeux noirs de geai tandis que les yeux de Geneviève et  de Françoise sont de couleur noisette. Leur ressemblance est accentuée par leurs tenues semblables, justes et jupes gris de souris ou gris d’épine, tablier de toile à petits carreaux rouges et bleus et le même bonnet de toile blanche unie. A l’occasion de ce que le dit Driancourt avait vendu le lait de ses vaches au dit Bouche, le premier est un petit jeune homme aux sourcils bien fournis, le second, de taille moyenne, a les yeux gris vert dominés par de longs sourcils. Elles ont alors coupé avec des couteaux, les cordes des paniers, les sangles du bât et la bride du cheval du dit Bouche, brisé un pot à lait de cuivre jaune et renversé le lait parterre et blessé le dit Driancourt, frappé à coup de pieds et à coups de poings et frappé à la tête d‘un coup de pierre tandis que le dit Bouche était blessé d‘un coup de couteau à la main droite puis traîné par les cheveux par la femme Brunet. Les familles Berthelot et Driancourt ne veulent pas rester en inimitié et en discorde à cause des marchés dans lesquels ils sont associés ensemble et des liens de parenté qui les unissent, les quatre laitières promettent d’être plus circonspectes à l’avenir dans leur conduite. Ces furies ne font pas honneur à la réputation des femmes et ne semblent guère regretter leurs méfaits. La violence est un grand fléau dans nos campagnes et celle des femmes me choque encore plus que celle des hommes, je suis bien heureux de me marier prochainement avec une femme douce et calme.

 

Le couchant apporte sa fraîcheur apaisante aux coteaux. L’automne s’annonce, les feuilles des arbres prennent des teintes dorées, les brumes s’installent sur les paysages. Les vignerons lavent les futaies et se préparent pour les vendanges, bientôt retentiront les rires et les chants des vendangeuses. Le jour tombera de plus en plus vite et nous appellera au coin du feu. Antoine et moi discutons de notre métier. Ah! Que ce métier possède de mérites! Le premier est celui du divertissement. A chaque fois que la routine s’installe, une affaire un peu insolite vient lever mon ennui.

 

J’observe avec philosophie les mille et un petits incidents de la vie quotidienne. Et c’est grâce à lui que j’ai rencontré Marie Anne. Les mots ne peuvent exprimer mon bonheur car mon cœur s’épanouit considérablement, je suis un homme heureux.

 

 

 

Commentaires

Bonjour Enriqueta,
Je ne sais toujours pas si c'est toi qui a écrit tous ces épisodes.

Écrit par : elisabeth | dimanche, 02 décembre 2007

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