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mercredi, 12 décembre 2007

La vieille dame (3)

Dans cette église Louise se sentait chez elle, elle en connaissait chaque recoin, chaque vitrail, le vieil autel et l’ancienne chaire en cèdre du Liban, le tombeau du maréchal Catinat, hôte illustre de cette petite ville, l’orgue séculaire, l’antique baptistère…Chaque messe était pour elle un voyage dans le temps où elle communiait avec l’histoire de cette église, liée à la l’Histoire de France et à son histoire personnelle. Elle avait toujours aimé l’histoire, elle avait même failli devenir professeur d’Histoire mais, aimant trop l’action elle était finalement devenue journaliste reporter, et ce métier avait occupé 35 années de son existence. Comme elle avait du mal à voir et à entendre les officiants, elle laissait souvent son esprit vagabonder après ses souvenirs sans en éprouver la moindre honte car elle savait que Dieu la connaissait telle qu’elle était et qu’elle n’avait donc rien à cacher. Pendant sa vie elle avait souvent douté de l’existence de Dieu mais elle avait finit par opter pour le oui, mais son Dieu ne ressemblait pas tout à fait à celui du curé, le sien était plus tolérant et avait le sens de l‘humour. Elle n’avait pas besoin de suivre l’intégralité de la messe pour repérer les moments essentiels, comme celui de l’eucharistie et puis elle n’avait pas besoin d’être à l’église pour méditer et prier, d’ailleurs elle avait toujours l’impression de sentir la présence de Dieu à ses côtés. Elle n’avait jamais été adepte de la confession à un prêtre et continuait à demander directement son pardon à Dieu bien qu’elle ne commette plus autant de pêchés qu’avant. Elle était délivrée depuis longtemps des pêchés de la chair qui avait été, de loin, sa plus grande tentation et elle ne regrettait absolument pas d’y avoir souvent cédé. Son second grand pêché avait été la gourmandise et celui-ci la tenait encore considérablement, au grand dam de son médecin, le jeune docteur Chardin, à qui elle faisait « perdre son latin ».

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