Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 26 décembre 2007

La vieille dame (10)

D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle avait toujours connu Philippe. Ils s’étaient rencontrés lorsqu’elle avait quatre ans, dans la cour que partageaient les deux immeubles où leurs familles vivaient à Issy-les-Moulineaux. Ils se voyaient tous les jours depuis, allant ensemble à l’école et partageant les mêmes jeux. Cette petite cour qui leur paraissait immense recelait mille et un trésors : dans un coin une vielle moto sur laquelle ils montaient en rêvant à de grands voyages, imaginant le vent dans leurs cheveux, contre le mur du café un robinet d’eau  qui devenait source dans le Sahara à chaque fois qu’ils jouaient « au désert » dans le bac à sable situé au pied du grand chêne qui ornait la cour. Ce jeu consistait à se traîner dans le sable en faisant croire que l’on mourrait de soif, perdu au cœur du Sahara, au bout de 15 minutes d’autosuggestion ils se ruaient sur le robinet comme sur une source miraculeuse et cette eau, qui coulait sur leur lèvres, dans leur gorge et dans leur cou leur paraissait divinement pure. Parfois ils entraient dans le café qui appartenait aux parents de leur amie Claudine, tous les habitués les connaissaient, les appelaient par leur prénom et riaient avec eux. Et puis il y avait le hangar où Claudine rangeait tous ses jouets qui paraissaient autant de trésors, on aurait dit une caverne d’Ali Baba, un lieu de légende… Il y avait plusieurs bicyclettes, des cerceaux, des quilles, des ballons…Ils étaient dans la même école mais pas dans la même classe car Philippe avait deux ans de plus qu’elle. Leur  amour leur avait toujours semblé une évidence bien que leur vrai premier baiser n’ait eu lieu que quatre ans auparavant le jour de la Saint Valentin 1932. Philippe lui avait offert des chocolats à la liqueur, ceux qu’elle préférait. Elle lui avait dit en riant « tu veux être mon Valentin? », mais lui ne riait pas, ses yeux bleus brillaient comme s’il avait de la fièvre, il avait pris son visage délicatement entre ses deux mains, avait embrassé ses lèvres qu’il avait entrouvert doucement avec sa langue. Lorsque leurs langues se touchèrent elle sentie faiblir ses jambes et se serra très fort contre lui de peur de s’évanouir, et c’est ainsi que son meilleur ami, celui qui l’avait déjà embrassé de multiples fois, sur les joues, dans le cou et même sur les lèvres, était devenu son amoureux.

 

Commentaires

Quelle belle histoire ! Bonsoir, j'espère que noel a comblé tous tes voeux, bise amicale

Écrit par : Plume | mercredi, 26 décembre 2007

Les commentaires sont fermés.