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jeudi, 27 décembre 2007

La vieille dame (11)

Aujourd’hui ils étaient à Trouville pour leurs premières vacances, profitant de l’élan des premiers congés payés ils étaient partis avec la tante et l’oncle de Philippe qui possédaient une voiture. Les adultes étaient à l’hôtel et eux partageaient la même tente, ils étaient fiancés depuis peu et comptaient se marier dés que Philippe aurait finit ses études d’économies (dans deux ans). Ils venaient de découvrir la beauté de la mer scintillant au soleil levant et tout leur paraissait possible. Leur avenir leur semblait une aube radieuse…Seul Dieu savait que déjà les nuages s’amoncelaient…

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Louise ouvrit les yeux, pendant quelques secondes elle bénéficia encore du répit du au sommeil, flottant dans un état semi conscient. Et puis soudain la douleur revint, intense, sauvage, comme une vague de raz de marée elle fit exploser son cœur, à nouveau. C’était ainsi que se réveillait Louise depuis que le capitaine Harver lui avait annoncé la mort de son fils Vivien. Elle l’avait enterré la veille mais n’y avait trouvé aucun soulagement, même la présence de Bertrand, le père de Vivien qui était revenu du Mexique et qui dormait à présent dans la chambre d’amis ne lui avait rien apporté, son cœur n’était que souffrance. Elle revivait en boucle la scène du drame, le téléphone qui sonne, la voix sombre du capitaine Harver lui annonçant l’innommable, elle faisait de nombreux cauchemars dans lesquels elle voyait mourir Vivien. Son fils était mort en héros en sauvant trois enfants d’un incendie. Parce que l’un des enfants réclamait en pleurant son chien, Vivien était retourné à l’intérieur de la maison délivrer le chien et avait été mortellement blessé par une poutre qui s’était effondrée sur lui. Le chien avait survécu, Vivien lui, était décédé trois heures plus tard à l’hôpital. Combien d’hommes sont capables de donner leur vie pour un chien? Son fils était de cette trempe là et cela la rendait folle de douleur et de rage, elle sentait monter en elle des envies de violence, le désir profond de tuer ce chien et tous les chiens de la terre. Elle regardait le plafond en ressassant ces idées mais ce matin là quelque chose de nouveau se produisit quand elle se redressa, au pied de son lit elle aperçu la silhouette fantomatique de Vivien. Vivien lui souriait et lui dit, sans que ses lèvres bougent : " Maman, je t’aime mais tu a tord, tu le sais au fond de toi que j’ai eu raison ". Il souriait mais ce n’était pas ses lèvres qui souriaient c’était davantage ses yeux, sa lumière qui envoyaient cette impression de sourire, presque de moquerie.

Cette rencontre changea la vie de Louise d’autant plus que cette apparition ne fut pas la seule et non seulement de son fils mais aussi de tous les décédés qu’elle avait aimé. C’était toujours son fils qui les amenait, ses parents , son mari Philippe…Ils venaient tous lui rendre visite régulièrement, restaient souvent sans rien dire mais même quand ils communiquaient c’était plus comme une voix intérieure qui se serait adressée à elle. Louise, émerveillée par ce splendide cadeau qu’on venait de lui faire avait décidé de faire profiter d’autres personnes de sa sérénité retrouvée et s’était investie dans une association de soutien moral et physique aux veuves et veufs de sa commune où elle faisait des miracles. Bertrand avait décidé de rester lui aussi à Saint Gratien et ils avaient finit par reprendre une harmonieuse vie de couple mais beaucoup plus tendre que passionnée.

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