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jeudi, 27 décembre 2007

La vieille dame (12)

Cette femme de 66 ans, veuve depuis l’âge de 51 ans faisait désormais l’admiration de tous par son dynamisme et sa magie à trouver les mots qui guérissent et les idées qui sauvent, qui donnent des solutions. Elle aidait admirablement les gens à faire leur deuil de la façon la moins douloureuse possible. Désormais la scène qu’elle revoyait souvent était celle où Vivien lui annonçait qu’il voulait devenir pompier, il avait 13 ans, puis elle revivait le moment où il était devenu pompier bénévole puis professionnel à Bruxelles. Vivien irradiait de bonheur et Louise de fierté, elle avait accepté de sacrifier sa tranquilité pour le bonheur de son fils qui avait fait le choix de vivre une courte vie de lion (30 ans) au lieu d’une longue vie de bœuf. Elle-même avait été reporter international et avait exposé sa vie plus d’une fois. Combien de gens peuvent se vanter d’avoir réalisé leurs rêves? Combien de gens ont-ils une vie exaltante? Louise savait que Vivien et elle étaient des privilégiés. Dieu savait que Vivien et Louise avaient eu accès à une vérité fondamentale.

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Louise assistait ce soir là à un spectacle dans un petit cabaret parisien en compagnie de son amie Géraldine. Le spectacle avait ceci de particulier d’être constitué d’anonymes, la salle ayant été louée par Philippe qui avait invité tout ceux qu’il aimait pour assister à ses débuts sur scène. A 53 ans il avait décidé de réaliser son rêve : devenir chanteur. Cela faisait quatre ans qu’il était au chômage et on lui avait fait comprendre qu’il ne trouverait plus jamais rien dans son secteur (l’étude de l’économie appliquée à la politique des démocraties occidentales). Il avait donc monté une tournée avec d’autres personnes de tous âges qui, comme lui, voulaient réaliser leur rêve. Louise était assise à la même table que Catherine, la compagne de Philippe, une belle femme brune avec laquelle elle s’entendait bien. Elle avait pourtant l’intention de la trahir cette Catherine puisque s’étant rendue compte qu’elle avait toujours des sentiments passionnés pour Philippe elle s’apprêtait à les lui avouer. Elle aimait beaucoup la voix de Philippe qui réveillait en elle des désirs oubliés et de charmants souvenirs, en l’écoutant elle revoyait les différentes étapes de leur vie commune jusqu’à leur séparation, à son retour de Mauritanie en compagnie de Bertrand.

Elle pensait désormais avoir commis à cet instant là la plus grande erreur de sa vie : quitter Philippe. Elle ne pouvait nier qu’elle avait toujours des sentiments très puissants pour celui qui restait légalement son mari. Bien sûr, leur mariage s’était enlisé dans une pesante routine qui lui avait fait confondre son mari avec un frère et l’avait jeté dans les bras du fougueux Bertrand. Louise n’avait jamais su résister à la fougue d’un homme, elle avait déjà eu deux autres amants avant Bertrand. Il y  avait eu Robert, un jeune Canadien qu’elle avait rencontré en Normandie en 1944 où elle avait participé pendant quelques temps à la Résistance (en livrant des documents utiles pour le débarquement) tandis que Philippe était encore en Angleterre où il avait participé à la logistique du débarquement. En ces époques troublées où la mort pouvait s’emparer d’eux à chaque seconde Louise n’avait pas su résister à l’appel de la vie qui se lisait dans les yeux noisette de Robert. Et puis il y avait eu Luigi un italien rencontré au Louvre pendant l’été 1948 où elle préparait un voyage en Egypte. Philippe était en voyage en Israël et Luigi avait de si beaux yeux bleus! Leurs regards s’étaient croisés la première fois alors qu’ils regardaient tout les deux la statuette représentant Akhénaton et Néfertiti. Luigi l’avait suivi dans le musée puis abordé, ils avaient pris un verre ensemble et s’étaient revu le lendemain puis le surlendemain et ainsi pendant dix jours, visitant Paris comme un couple de touristes en lune de miel. Luigi était beau et musclé comme un athlète antique. Elle avait toujours avoué à Philippe ses aventures, il les acceptait avec beaucoup d’indulgence et de tendresse comme une conséquence inéluctable du fougueux caractère de sa femme. Il pensait que ces aventures n’avaient pas d’importance mais un jour il y avait eu Bertrand…

 

Commentaires

Quelle vie compliquée et mouvementée !!!
Je te souhaite une bonne fin d'année. Bises.

Écrit par : elisabeth | jeudi, 27 décembre 2007

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