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dimanche, 24 octobre 2010

Philibert et Ernestine (4 sur 4)

Il fallut encore convaincre Emma de répondre au message de Paulin, car cela faisait deux mois qu’elle cherchait assidûment son âme sœur et elle commençait à se décourager. Elle avait reçu de nombreux messages émanent de nombreux hommes pressés qui croyaient trouver un femme comme on achète une paire de chaussettes, sans parler des obsédés sexuels. Elle avait échangé plus de dix conversations avec des hommes qui disparaissaient en un clic et elle était allée à quatre rendez-vous : le premier était un vieux garçon de 45 ans qui vivait toujours chez sa mère, le second un dépressif incurable, le troisième cherchait une maîtresse plus qu’une compagne et le quatrième était le pire, un " moi-je " qui ne parlait que de lui, peu soigné, les verres de ses lunettes complètement opaques de saleté et quand il parlait il laissait parfois couler un filet de bave sur la table du café où ils avaient pris un verre. Il fallut toute la persuasion d’Ernestine pour qu’Emma accepte de répondre au premier message de Paulin. Emma n’allait même plus sur le site " les zamoureux " tellement elle était découragée mais le message de Paulin lui arriva par mail " comme par magie " et lorsqu’elle lu sa fiche, Ernestine l’empêcha de voir les éléments qui auraient pu lui déplaire : le fait qu’il fume ou qu’il ne soit pas encore divorcé, elle s’arrangea pour qu’elle ne lise que les éléments motivants comme son âge 40 ans, le même que le sien, et le fait qu’il habitait aussi au Touquet.

Il s’engagea alors, entre Emma et Paulin une correspondance amicale ponctuelle puis de plus en plus assidue. Il était évident que le courant passait entre ces deux là qui parlaient de tout et de rien, des petites choses du quotidien et des grandes idées essentielles, des joies et des peines, du passé et du présent…Mais au bout de 5 semaines, au grand dam de Philibert et d’Ernestine, ni Paulin ni Emma n’avaient encore évoqué la possibilité d’une rencontre. Philibert et Ernestine décidèrent alors de recourir une nouvelle fois à des mesures " illégales ", ils arrangèrent une rencontre. Ce ne fut pas facile car il fallut pour cela perturber les projets de réveillon de Noël de Paulin et Emma. Tous deux n’avaient pas leur enfant, ce qui les attristaient beaucoup. Julie passait Noël avec sa mère et Jules avec son père. Emma devait passer le réveillon à Orléans chez son frère Denis mais elle rata son train et Paulin eut subitement à déplorer une panne de voiture qui l’empêcha de rejoindre des amis à Lille. Paulin et Emma se retrouvèrent donc en même temps à la messe de minuit dans l’église du Touquet où ils participèrent à une magnifique messe avec chorale et chants grégoriens.

Après avoir chanté le chant final " Les anges dans nos campagnes ", ils eurent tous deux envie de s’approcher de la crèche. Cette crèche était superbe, elle occupait une chapelle en entier, elle représentait une crèche en bois et une partie de la forêt avoisinante, faite de branche de sapins qui diffusaient une odeur très agréable. Tout le monde sortait et ils se retrouvèrent tous les deux devant la crèche à s’émerveiller devant la précision de cette réalisation. Emma se mit à rire et s’exclama comme une enfant quand elle vit qu’il y avait de petites grenouilles en porcelaine dans la marre, c’est alors que Paulin engagea la conversation et c’est ainsi qu’ils détaillèrent ensemble chaque santon riant en chœur en découvrant un santon portant une bouteille de vin. Ils sortirent de l’église ensemble et c’est en se séparant que Paulin eut l’idée de prendre congé en donnant son identité. Voilà comment ils se découvrirent ainsi " de visu ", Emma était sous le charme des yeux rieurs de Paulin et Paulin fasciné par l’intensité du regard d’Emma entendait son cœur battre comme une caisse claire. Ils décidèrent alors de ne pas se quitter et c’est ensemble qu’ils passèrent le 25 décembre. Pendant que Paulin et Emma apprenaient à se découvrir peau contre peau, découvrant un avant-goût du paradis, Philibert et Ernestine célébraient leurs retrouvailles et les aiguilles des horloges s’affolaient accélérant le temps car le temps s’accélère toujours quand on le passe avec son âme sœur…C’est une règle immuable et éternelle.

 

10:00 Publié dans Nouvelle | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Bonjour Enriqueta... Comme un conte de Noël... Deux couples, anges et humains, à l'unisson de leur bonheur, vrai que le temps passe vite lorsqu'on est dans les bras de l'être aimé... Sourire ou soupir.... Les deux dirais-je... Bises et merci à toi, tu nous a offert 4 épisodes d'un belle histoire pour la cour de récré....A bientôt....M'dame JB

Écrit par : jill bill | dimanche, 24 octobre 2010

C'est superbe ! J'adore, surtout la fin ! Bisous

Écrit par : écureuil bleu | lundi, 25 octobre 2010

C'est une belle fin si c'était toujours comme ça dans la vrai vie. Belle histoire.

Écrit par : Solange | mardi, 26 octobre 2010

Tu connais bien le problème, on dirait. Comme dans la vraie vie, on fait un choix mais souvent on n'a pas le choix. C'est très bien restitué ton texte. Bonne journée.

Écrit par : elisabeth | mercredi, 27 octobre 2010

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