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samedi, 19 février 2011

La vieille dame de Saint-Gratien (7)

 (Je viens de me rendre compte qu'il manque une partie du texte, je vais essayer de la retrouver mais pas tout de suite car je ne suis pas chez moi.)

Louise se réveilla ce matin là dans les bras de Philippe qui dormait encore, c’était leur première nuit ensemble. Cette nuit avait été très douce et très tendre, Louise avait eu un peu mal mais rien de l’horrible douleur dont lui avait parlé son amie Justine, qui s’était fait dépuceler un soir de bal. Philippe était aussi inexpérimenté qu’elle mais de robuste constitution aussi ils avaient pu se livrer à trois tentatives qui avaient finit par leur donner un certain plaisir qui leur laissait entrevoir quelle jouissance ils pourraient atteindre quand leurs deux corps se seraient complètement apprivoisé. Louise ne pensait pas que les hommes puissent avoir une peau aussi douce et imaginait désormais en frissonnant sa main caressant la peau de Philippe, sur son torse, sur son ventre et sur son sexe. Philippe ne pensait pas que sa douce Louise pouvait lui murmurer des mots aussi crus au creux de l’oreille. Ils se découvraient étonnés croyant déjà tout connaître de l’autre et savouraient ces nouveautés inattendues.

D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle avait toujours connu Philippe. Ils s’étaient rencontrés lorsqu’elle avait quatre ans, dans la cour que partageaient les deux immeubles où leurs familles vivaient à Issy-les-Moulineaux. Ils se voyaient tous les jours depuis, allant ensemble à l’école et partageant les mêmes jeux. Cette petite cour qui leur paraissait immense recelait (Une partie du texte manque) Géraldine.

???

 Le spectacle avait ceci de particulier d’être constitué d’anonymes, la salle ayant été louée par Philippe qui avait invité tout ceux qu’il aimait pour assister à ses débuts sur scène. A 53 ans il avait décidé de réaliser son rêve : devenir chanteur. Cela faisait quatre ans qu’il était au chômage et on lui avait fait comprendre qu’il ne trouverait plus jamais rien dans son secteur (l’étude de l’économie appliquée à la politique des démocraties occidentales). Il avait donc monté une tournée avec d’autres personnes de tous âges qui, comme lui, voulaient réaliser leur rêve. Louise était assise à la même table que Catherine, la compagne de Philippe, une belle femme brune avec laquelle elle s’entendait bien. Elle avait pourtant l’intention de la trahir cette Catherine puisque s’étant rendue compte qu’elle avait toujours des sentiments passionnés pour Philippe elle s’apprêtait à les lui avouer. Elle aimait beaucoup la voix de Philippe qui réveillait en elle des désirs oubliés et de charmants souvenirs, en l’écoutant elle revoyait les différentes étapes de leur vie commune jusqu’à leur séparation, à son retour de Mauritanie en compagnie de Bertrand. 

Elle pensait désormais avoir commis à cet instant là la plus grande erreur de sa vie : quitter Philippe. Elle ne pouvait nier qu’elle avait toujours des sentiments très puissants pour celui qui restait légalement son mari. Bien sûr, leur mariage s’était enlisé dans une pesante routine qui lui avait fait confondre son mari avec un frère et l’avait jeté dans les bras du fougueux Bertrand. Louise n’avait jamais su résister à la fougue d’un homme, elle avait déjà eu deux autres amants avant Bertrand. Il y  avait eu Robert, un jeune Canadien qu’elle avait rencontré en Normandie en 1944 où elle avait participé pendant quelques temps à la Résistance (en livrant des documents utiles pour le débarquement) tandis que Philippe était encore en Angleterre où il avait participé à la logistique du débarquement. En ces époques troublées où la mort pouvait s’emparer d’eux à chaque seconde Louise n’avait pas su résister à l’appel de la vie qui se lisait dans les yeux noisette de Robert. Et puis il y avait eu Luigi un italien rencontré au Louvre pendant l’été 1948 où elle préparait un voyage en Egypte. Philippe était en voyage en Israël et Luigi avait de si beaux yeux bleus! Leurs regards s’étaient croisés la première fois alors qu’ils regardaient tout les deux la statuette représentant Akhénaton et Néfertiti. Luigi l’avait suivi dans le musée puis abordé, ils avaient pris un verre ensemble et s’étaient revu le lendemain puis le surlendemain et ainsi pendant dix jours, visitant Paris comme un couple de touristes en lune de miel. Luigi était beau et musclé comme un athlète antique. Elle avait toujours avoué à Philippe ses aventures, il les acceptait avec beaucoup d’indulgence et de tendresse comme une conséquence inéluctable du fougueux caractère de sa femme. Il pensait que ces aventures n’avaient pas d’importance mais un jour il y avait eu Bertrand…

 

Philippe aussi s’était parfois laissé séduire à cause de sa trop grande générosité, comme ce jour où il avait consolé leur voisine Alexandra qui venait de se faire plaquer par son mari et qui était persuadée qu’elle n’était plus désirable. Ne sachant pas comment lui faire entendre raison, il avait joint le geste à la parole et Louise avait ri de bon cœur à cette incartade, soulagée que Philippe lui rende  la pareil d’une aussi généreuse façon. Mais maintenant il y avait Catherine entre eux et elle n’était pas sûre de ses sentiments à lui. Après leur séparation il lui avait dit qu’il l’attendrait toujours dans une lettre passionnée :

 «  Parlant de notre histoire, je veux simplement te dire qu’elle est belle, formidable, que notre amour est un amour pur et grand même si notre relation aujourd'hui est finie. Je te voue le plus grand respect et je te pardonne car je t’aime. Je suis très heureux d'avoir vécu cette histoire et je continuerai à avoir les plus nobles et grands des sentiments pour toi. Entre nous il y a un pacte, je te promets qu'il ne sera annulé qu'avec nos morts car les souvenirs et les vérités restent. Tu es l’amour de ma vie ». Les premiers temps il l’avait vraiment attendue et puis il y avait eu la naissance de Vivien et Philippe avait renoncé à Louise puis rencontré la douce Catherine.

Soudain, Philippe chanta « La rouille » de Maxime Le Forestier et Louise comprit alors que Philippe avait toujours des sentiments pour elle car c’était la chanson qu’il avait recopié dans la lettre qu’il lui avait donné après leur séparation, elle connaissait Philippe et savait qu’il ne faisait jamais rien au hasard et qu’il était très attaché aux symboles, il ne pouvait pas avoir oublié cette chanson et cette lettre. Elle se dit qu’elle devait à leur amour d’essayer de se réconcilier avec Philippe, malgré Catherine, leur amour méritait cela. Elle décida donc de lui donner rendez-vous dés le lendemain pour lui avouer ses sentiments, son cœur battait aussi fort que lors de leur premier vrai baiser d’amoureux…Le lendemain matin elle fût réveillée par la sonnerie du téléphone, c’était la voix de Catherine…Philippe venait de mourir dans la nuit, d’une crise cardiaque.

_ _ _ _ _ _ _ _

Louise venait de revivre les moments clefs de son existence, elle avait  pu à nouveau serrer dans ses bras tout ceux qu’elle aimait… Elle ne savait plus si elle était une vieillarde ou une jeune fille, une enfant ou une jeune femme…Avait-elle vraiment vécu tout cela? Toute cette vie lui paraissait comme un rêve, un long rêve d’amour…Seul Dieu savait qui était Louise et ce qui l’attendait…

Louise se réveilla dans les bras de Bertrand. La tempête mauritanienne s’était achevée et elle compris que c’était aussi la fin de leur aventure passionnée. Louise avait très envie de rentrer auprès de Philippe. Bertrand essaya de la retenir puis finit par la laisser partir, il y avait en elle cette certitude que sa vie n’avait de sens qu’avec Philippe, sans savoir d’où lui venait sa détermination, elle sentait que c’était cette décision qu’elle devait prendre et aucune autre…Elle ne savait pas encore qu’elle ramenait à Philippe un cadeau inattendu : un enfant…

Dieu avait décidé de redonner à Louise une seconde vie, Louise avait à nouveau 35 ans et avait oublié qu’elle avait été une vieille dame.

 

 

Commentaires

Jolie épisode d'une vie..... belle journée.

Écrit par : patriarch | samedi, 19 février 2011

Bonjour Enriqueta... Ben tjs aussi bonne plume...Merci à toi pour le 7 et bon W-E

Écrit par : jill bill | samedi, 19 février 2011

lol c'était pour voir si on suivait?!!! :o))
doux bisous à toi et délicieuse soirée

Écrit par : mamalilou | dimanche, 20 février 2011

Très joli récit d'une longue vie. Une belle histoire.

Écrit par : Solange | lundi, 21 février 2011

Bonjour,

Je prends le récit en cours... et du coup, j'ai très envie de connaître le début ! Alors je vais revenir te lire un peu chaque jour (parce que je manque de temps... snif !). Je te souhaite une belle journée.
Gros bisous,

Sandra

Écrit par : sandrasbz | mardi, 22 février 2011

beau récit que je vais revoir au début pour mieux m'imprégner.
bisous

Écrit par : Reinette | mardi, 22 février 2011

Ce serait bien de pouvoir revenir en arrière et prendre d'autres décisions... C'est très bien écrit...

Écrit par : écureuil bleu | mardi, 22 février 2011

Les commentaires sont fermés.