Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 29 janvier 2011

La vieille dame de Saint-Gratien (4)

Le lendemain matin elle essaya de communiquer avec lui et découvrit avec étonnement que son sauveur n’était pas un Touareg mais un Européen. Bertrand avait quitté sa Belgique natale et était venu ici découvrir la terre de ses lointains ancêtres car il avait un grand père Touareg qui lui avait légué ses yeux intensément sombres et une épaisse chevelure brune. Une propice tempête de sable qui dura sept jours et sept nuits les obligea à cohabiter dans cette tente où ils se racontèrent leurs vies, où ils firent plus ample connaissance avec des mots et des regards tout d’abord, puis avec leurs mains, leurs lèvres, leur peau et tout le reste. C’était inévitable, elle entrait en fusion dés qu’il l’embrassait, il frissonnait de plaisir dés qu’elle effleurait sa peau…

Louise n’avait pas cherché à résister à l’appel du regard sensuel de Bertrand, elle s’était soumise à son corps puissant et musclé, dévastée par une jouissance qui l’avait entraînée bien au-delà de tout ce qu’elle avait connu auparavant. Elle s’était mise à flotter dans un état de béatitude absolue…Avec Bertrand l’Amour durait de longues heures épanouies…La tempête s’acheva mais pas leur histoire, désormais Louise était à Bertrand, et Bertrand Louise, c’est le vent du désert qui les avait uni. Elle savait que pour lui elle allait quitter son mari Philippe, elle savait qu’elle suivrait Bertrand jusqu’au bout du monde, il savait que cette femme était à lui, Dieu savait qu’elle portait déjà dans son ventre le preuve de cet amour…

_ _ _ _ _ _ _

C’était un grand jour pour Louise. Aujourd’hui elle emmenait son fils Vivien à l’école pour la première fois. Vivien avait six ans et il entrait au CP. Elle était très fière de son fils qui se montrait très courageux et ne pleurait pas, comme le faisaient d’autres enfants accrochés aux jupes de leur mère. Il lui dit au revoir de la main tandis qu’il s’éloignait pour rejoindre le rang mais elle vit bien qu’il poussait un gros soupir et qu’il retenait ses larmes. Elle aussi fit un effort pour retenir les larmes qui lui étaient venues.

Les années avaient passé très vite, elle le revoyait bébé dans sa couveuse, né à 8 mois, avec ces drôles de cheveux noirs épais comme coiffés en brosse. Il avait les cheveux noirs de Bertrand et les yeux verts de Louise. Il était né en avance car Louise s’était épuisée à suivre Bertrand dans toutes ses aventures, ils avaient sillonné toute l’Europe avant qu’elle n’obtienne enfin qu’ils se fixent à Bruxelles, et ce fut un miracle que Vivien y soit né, dans un hôpital et non pas dans un aéroport ou sur une route de campagne. Bertrand était un aventurier, il voulait toujours partir en voyage, jusqu’à présent Louise et Vivien l’avait suivi partout mais Louise était fatiguée de voyager. Elle avait décidé que Vivien grandirait à Bruxelles avec elle. Bertrand partirait tout seul dans ses prochaines aventures, quand il reviendrait Louise et Vivien seraient là à l’attendre. Mais l’attendraient-ils vraiment? Bertrand était déjà si peu présent dans la vie de son fils, il n’avait pas été programmé pour être un bon père.   C’était toujours un merveilleux amant pour Louise et un compagnon agréable mais il ne savait visiblement pas quoi faire de ce petit garçon, il jouait avec lui et l’excitait au moment du coucher, il le laissait manger tout ce qu’il voulait jusqu’à la nausée, ne « savait » pas lire les histoires et surtout, il oubliait de lui souhaiter son anniversaire… Bertrand était encore un enfant parfois. Louise l’adorait toujours, elle appréciait sa bonne humeur, son énergie, son enthousiasme, mais elle était lassée d’attendre qu’il devienne enfin un bon père. Pour elle, sa priorité c’était Vivien. Souvent, elle pensait à Philippe, qui aurait fait un si bon père. Si elle avait eu un enfant avec Philippe elle ne l’aurait peut-être pas quitté, mais Philippe ne pouvait pas avoir d’enfant. Elle pensait de plus en plus à Philippe, se souvenait de leur enfance et de leur vie commune. Ils s’écrivaient deux ou trois fois par an pour les vœux et les anniversaires. Philippe vivait depuis un an avec une  femme à Paris. Elle rentra chez elle en marchant lentement, elle essayait de ne plus penser à tout cela, de ne pas penser que Bertrand allait s’en aller dix mois en Sibérie, pour étudier la Taïga. Elle essayait de ne pas penser à son retour…

Il y aurait d’autres départs, il y aurait d’autres retours et puis un jour il ne reviendrait pas, il serait mort tout seul au loin ou bien elle lui aurait demandé de ne pas revenir. Elle savait que cela finirait comme cela alors elle préférait se concentrer sur sa vie à Bruxelles. Maintenant que Vivien entrait à l’école elle allait pouvoir reprendre son travail de journaliste qu’elle avait abandonné pour suivre Bertrand. Louise préférait se concentrer sur son fils Vivien, sur son sourire, sur ses déclarations « Maman, tu es la meilleure de toutes les mamans du monde ! »…Elle savait que sa place était ici, avec son fils, ce petit bout d’homme si courageux, si agréable à vivre, toujours de bonne humeur, si plein d’énergie que souvent il l’épuisait, mais son seul souvenir suffisait à lui redonner le sourire…

Elle alla acheter de quoi faire un bon gâteau au chocolat pour le retour de son fils. Vivien savait que sa maman serait là à la sortie de la classe, il sourit à cette idée en écoutant la maîtresse qui avait l’air d’être gentille. Il y a des choses dans la vie que l’on sent, que l’on sait et qui nous soutiennent. Il y a aussi tellement de choses que l’on ignore, mais ces choses là doivent rester uniquement l’affaire de Dieu.

__ _ _ _ _ _ _

 

Commentaires

Bonjour
Doux weekend a toi bisous evy

Écrit par : evy | samedi, 29 janvier 2011

Bonjour
Doux weekend a toi bisous evy

Écrit par : evy | samedi, 29 janvier 2011

Tu écris très bien..... Bises et bonne soirée.....

Écrit par : patriarch | samedi, 29 janvier 2011

Bonjour enriqueta... Un bon amant et triste père et l'autre qui lui aurait fait un bon père... Allez je te suis... C'est prenant ton histoire, j'aime bien... JB Bonne nuit à toi

Écrit par : jill bill | dimanche, 30 janvier 2011

Dans la vie parfois c'est difficile de tout avoir. Au moins elle a son fils avec elle.

Écrit par : Solange | mardi, 01 février 2011

Que la vie n'est pas simple car on se trouve souvent à des tournants dans la vie et il faut les prendre. Il y a des choix à faire mais quand on est 2, ce n'est pas facile. Bonne soirée.

Écrit par : elisabeth | mercredi, 02 février 2011

Je me reconnais un peu dans cette Louise...

Écrit par : écureuil bleu | mardi, 22 février 2011

Les commentaires sont fermés.