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lundi, 31 janvier 2011

Le jeu des sept résolutions

Janvier est le mois où l'on aime faire des résolutions, je vous propose donc de mettre sur votre blog vos sept résolutions : réelles, poétiques, fantaisistes, humoristiques... tout est permis!

Merci de me signaler votre participation en commentaire sur mon blog quand vous avez écris votre article.

Merci à Béa Kimcat qui m'a rappellé l'idée de ce jeu (allez lire son texte, lien en cliquant sur son nom).

Ce jeu a été créé il y a plusieurs années par le blog collectif des Equipières que j'animais avec Cassandrali, Céline (qui ont quitté la blogosphère) et Captainlili.

Les 7 résolutions félines de Béa Kimcat. Les résolutions de Rayon de Soleil .

Les 7 résolutions de Nono

1 .Je n'ouvrirai plus la porte du frigo pour voler de la nourriture (sauf si j'ai trop faim).

2. Je n'apporterai plus de chaussette dans le salon (sauf si j'en ai trop envie).

3. Je ne réveillerai plus mes humains à 7 heures du matin un week end ou pendant les vacances (sauf si je ne me souviens plus de la différence entre ces jours là et les jours où ils travaillent).

4. Je ne ferai plus mes griffes sur le papier peint (sauf si j'ai besoin d'y laisser mon odeur).

5. Je ne ferai plus mes besoins juste à l'entrée de mon "coin WC" (sauf si "ça part" avant que je sois à l'intérieur).

6. Je ne jouerai plus avec tous les noeuds-noeuds (des rideaux ou des vêtements) (sauf si je me prends pour un chaton).

7. Je ne prendrai plus toute la place au pied du lit (sauf si j'ai besoin de m'étirer).

 

samedi, 29 janvier 2011

La vieille dame de Saint-Gratien (4)

Le lendemain matin elle essaya de communiquer avec lui et découvrit avec étonnement que son sauveur n’était pas un Touareg mais un Européen. Bertrand avait quitté sa Belgique natale et était venu ici découvrir la terre de ses lointains ancêtres car il avait un grand père Touareg qui lui avait légué ses yeux intensément sombres et une épaisse chevelure brune. Une propice tempête de sable qui dura sept jours et sept nuits les obligea à cohabiter dans cette tente où ils se racontèrent leurs vies, où ils firent plus ample connaissance avec des mots et des regards tout d’abord, puis avec leurs mains, leurs lèvres, leur peau et tout le reste. C’était inévitable, elle entrait en fusion dés qu’il l’embrassait, il frissonnait de plaisir dés qu’elle effleurait sa peau…

Louise n’avait pas cherché à résister à l’appel du regard sensuel de Bertrand, elle s’était soumise à son corps puissant et musclé, dévastée par une jouissance qui l’avait entraînée bien au-delà de tout ce qu’elle avait connu auparavant. Elle s’était mise à flotter dans un état de béatitude absolue…Avec Bertrand l’Amour durait de longues heures épanouies…La tempête s’acheva mais pas leur histoire, désormais Louise était à Bertrand, et Bertrand Louise, c’est le vent du désert qui les avait uni. Elle savait que pour lui elle allait quitter son mari Philippe, elle savait qu’elle suivrait Bertrand jusqu’au bout du monde, il savait que cette femme était à lui, Dieu savait qu’elle portait déjà dans son ventre le preuve de cet amour…

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C’était un grand jour pour Louise. Aujourd’hui elle emmenait son fils Vivien à l’école pour la première fois. Vivien avait six ans et il entrait au CP. Elle était très fière de son fils qui se montrait très courageux et ne pleurait pas, comme le faisaient d’autres enfants accrochés aux jupes de leur mère. Il lui dit au revoir de la main tandis qu’il s’éloignait pour rejoindre le rang mais elle vit bien qu’il poussait un gros soupir et qu’il retenait ses larmes. Elle aussi fit un effort pour retenir les larmes qui lui étaient venues.

Les années avaient passé très vite, elle le revoyait bébé dans sa couveuse, né à 8 mois, avec ces drôles de cheveux noirs épais comme coiffés en brosse. Il avait les cheveux noirs de Bertrand et les yeux verts de Louise. Il était né en avance car Louise s’était épuisée à suivre Bertrand dans toutes ses aventures, ils avaient sillonné toute l’Europe avant qu’elle n’obtienne enfin qu’ils se fixent à Bruxelles, et ce fut un miracle que Vivien y soit né, dans un hôpital et non pas dans un aéroport ou sur une route de campagne. Bertrand était un aventurier, il voulait toujours partir en voyage, jusqu’à présent Louise et Vivien l’avait suivi partout mais Louise était fatiguée de voyager. Elle avait décidé que Vivien grandirait à Bruxelles avec elle. Bertrand partirait tout seul dans ses prochaines aventures, quand il reviendrait Louise et Vivien seraient là à l’attendre. Mais l’attendraient-ils vraiment? Bertrand était déjà si peu présent dans la vie de son fils, il n’avait pas été programmé pour être un bon père.   C’était toujours un merveilleux amant pour Louise et un compagnon agréable mais il ne savait visiblement pas quoi faire de ce petit garçon, il jouait avec lui et l’excitait au moment du coucher, il le laissait manger tout ce qu’il voulait jusqu’à la nausée, ne « savait » pas lire les histoires et surtout, il oubliait de lui souhaiter son anniversaire… Bertrand était encore un enfant parfois. Louise l’adorait toujours, elle appréciait sa bonne humeur, son énergie, son enthousiasme, mais elle était lassée d’attendre qu’il devienne enfin un bon père. Pour elle, sa priorité c’était Vivien. Souvent, elle pensait à Philippe, qui aurait fait un si bon père. Si elle avait eu un enfant avec Philippe elle ne l’aurait peut-être pas quitté, mais Philippe ne pouvait pas avoir d’enfant. Elle pensait de plus en plus à Philippe, se souvenait de leur enfance et de leur vie commune. Ils s’écrivaient deux ou trois fois par an pour les vœux et les anniversaires. Philippe vivait depuis un an avec une  femme à Paris. Elle rentra chez elle en marchant lentement, elle essayait de ne plus penser à tout cela, de ne pas penser que Bertrand allait s’en aller dix mois en Sibérie, pour étudier la Taïga. Elle essayait de ne pas penser à son retour…

Il y aurait d’autres départs, il y aurait d’autres retours et puis un jour il ne reviendrait pas, il serait mort tout seul au loin ou bien elle lui aurait demandé de ne pas revenir. Elle savait que cela finirait comme cela alors elle préférait se concentrer sur sa vie à Bruxelles. Maintenant que Vivien entrait à l’école elle allait pouvoir reprendre son travail de journaliste qu’elle avait abandonné pour suivre Bertrand. Louise préférait se concentrer sur son fils Vivien, sur son sourire, sur ses déclarations « Maman, tu es la meilleure de toutes les mamans du monde ! »…Elle savait que sa place était ici, avec son fils, ce petit bout d’homme si courageux, si agréable à vivre, toujours de bonne humeur, si plein d’énergie que souvent il l’épuisait, mais son seul souvenir suffisait à lui redonner le sourire…

Elle alla acheter de quoi faire un bon gâteau au chocolat pour le retour de son fils. Vivien savait que sa maman serait là à la sortie de la classe, il sourit à cette idée en écoutant la maîtresse qui avait l’air d’être gentille. Il y a des choses dans la vie que l’on sent, que l’on sait et qui nous soutiennent. Il y a aussi tellement de choses que l’on ignore, mais ces choses là doivent rester uniquement l’affaire de Dieu.

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mercredi, 26 janvier 2011

Romphaire

Mon nouveau voisin s'appelle Romphaire

Il travaille dans le secteur bancaire

Soustraire et diviser c'est tout ce qu'il aime faire

De son grand pavillon il est propriétaire

Il est le grand copain de notre abruti d'maire

Et ne fréquente que ceux qui ont un certain salaire

 

Mon nouveau voisin s'appelle Romphaire

Ce mec c'est vraiment pas une affaire

Ce n'est qu'un vieux beauf atrabilaire

Pour un rien il met en branle des poursuites judiciaires

A 50 ans il est toujours célibataire

Il milite pour l'énergie nucléaire

 

Mon nouveau voisin s'appelle Romphaire

De tous les cons d'ma rue c'est l'plus impopulaire

Je ne supporte pas ce malotru sectaire

Ce type qui est fière de son instinct grégaire

De le croiser me donne de l'urticaire

Et en plus il est con comme un frigidaire!

 

lundi, 24 janvier 2011

Je suis pour...

1. Je suis pour Christophe Alévêque :

Dans un entretien accordé à Sportmag, Christophe Alévêque avait comparé le soutien de Zidane à la candidature du Qatar pour le Mondial 2022 , rémunéré 11 millions d'euros, à "une forme de prostitution". 

Zinédine Zidane doit rendre sa légion d'honneur qu'il n'a jamais mérité. Exemple excécrable pour la jeunesse, incitateur à la violence et au délit, individu qui se vend au plus offrant.

 

christophe_aleveque_debout_theatre_fiche_spectacle_une.jpg

http://www.dailymotion.com/video/x6213f_christophe-aleveq...

http://www.dailymotion.com/video/xfny76_aleveque-christop...

2. Je suis pour l'euthanasie...

...de Sarko et de son gouvernement. Une euthanasie immédiate bien sûr.

"On peut rire de tout mais pas avec tout le monde" Pierre Desproges.

samedi, 22 janvier 2011

La vieille dame de Saint-Gratien (3)

 

Ils étaient tous là ce soir pour ce réveillon de Noël. Elle pris son traditionnel repas (huîtres, dinde, bûche et un verre de Champagne) en leur compagnie en écoutant les chants de Noël qu’elle écoutait enfant, ceux chantés par Tino Rossi :    « c’est la belle nuit de Noël, la neige étend son manteau blanc, et les yeux levés vers le ciel, à genoux les petits enfants, avant de fermer les paupières, font une dernière prière… », « trois anges sont venus ce soir m’apporter de bien belles choses, l’un deux avait un encensoir… »… Elle se revit enfant de cinq ans impatiente, harcelant tous les jours sa mère pour savoir quand aurait lieu Noël et sa mère fatiguée lui répondant :   «  Noël sera là quand il neigera! », et sa surprise le lendemain, en découvrant qu’  il neigeait, c’était le 24 décembre 1923…N’etait-ce pas de la neige qu’elle aperçut soudain par sa fenêtre? Alors elle s’installa dans son fauteuil face à la fenêtre, éteignit la lumière et regarda sa ville se parer d’un magnifique manteau blanc qui scintillait, son chat Nestor était venu se pelotonner sur ses genoux, pendant qu’elle se revoyait enfant confectionnant un « bonhomme de neige » avec son frère, lançant des boules de neige sur ses sœurs puis courant se réfugier au chaud dans la cuisine, accueillie par le doux sourire de sa mère et la bonne odeur des mandarines. En hiver, sa mère mettait toujours des écorces de mandarine sur le poêle à charbon pour parfumer la cuisine. Nestor ronronnait encore plus fort que de son vivant, de tous les animaux qui l’avaient accompagné pendant sa longue vie, il  était son préféré.

La vieille dame passa ainsi une merveilleuse nuit de Noël en compagnie de ceux qu’elle aimait et elle s’endormit le sourire aux lèvres,  car cette nuit, Dieu avait décidé d’exaucer sa prière…

La vieille dame avait souhaité très fort retrouver tous les humains qu’elle avait aimé (mais pas seulement en « esprit » de fantôme, aussi avec leur corps pour pouvoir les toucher, les serrer sur son cœur) et Dieu avait décidé de l’exaucer car Dieu exauce parfois les vœux des très vieilles dames et des tous petits enfants bien que Dieu ait une façon tout à fait particulière de répondre aux souhaits prononcés par ses créatures…

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Louise se dit qu’elle allait mourir ici, au pied de cette dune de sable rouge, elle s’installa à l’ombre d’un arbre improbable qui avait réussi à pousser solitaire en dépit de l’extrême aridité. Elle regarda une dernière fois sa 2CV immobilisée sur la piste, bu la dernière gorgée d’eau restant dans sa gourde et contempla l’horizon en pensant à son mari qui l’attendait à Poitiers. Ce reportage dans le Sahara mauritanien serait donc le dernier de sa carrière, elle regrettait de devoir mourir si jeune mais n’avait pas à rougir de ces 35 années écoulées. Elle avait eu la chance de réaliser tous ses rêves, d’assouvir ses deux passions. Elle était devenue la femme de Philippe et reporter international. Elle trouvait juste de devoir à présent payer l’addition. Résignée à mourir elle jouissait de ce silence aride avec tous ses sens : ses mains faisaient s’écouler lentement entre ses doigts le sable doux de la dune, sa bouche gardait le goût du sucre de la datte qui avait été son unique repas du jour, l’air lui apportait les discrètes effluves marines de l’Atlantique qui se trouvait à quelques battements d’ailes, elle se laissait bercer par le chant d’un tout petit oiseau solitaire en laissant errer son regard sur les dunes alentour qui rougeoyaient au soleil couchant… Elle cru à un mirage en voyant arriver un dromadaire surmonté d’un homme du désert dont seul le ténébreux regard se laissait apercevoir, le reste étant dissimulé sous un chech et de multiples vêtements de toile bleue. Elle cru que c’était un Touareg, elle s’évanouit au moment où il l’a pris dans ses bras et ne repris connaissance que bien plus tard à l’abri dans sa tente, confortablement installée sur de rugueux tapis qui jonchaient le sol et qui lui parurent le summum du confort, après ces trois jours passés à dormir dans sa voiture. Désaltérée, ravitaillée, elle s’endormit rapidement sans avoir échangé un seul mot avec son sauveur.

 

 

mercredi, 19 janvier 2011

Pharaïlde

Noble personne que Pharaïlde

Qui, tel un pharaon, régna

Et fut le chef de notre guilde

Comme un phare qui nous éclaira

 

Nous sommes de belles chrysalides

En farandole nous voilà

Tandis que chante Brunehilde

Faridondaines et tralala

 

La tapisserie de la reine Mathilde

Conte l'histoire de ce temps là

Des chevaliers et des Clotildes

Histoire d'amour et Ave Maria

samedi, 15 janvier 2011

La vieille dame de Saint-Gratien (2)

Dans cette église Louise se sentait chez elle, elle en connaissait chaque recoin, chaque vitrail, le vieil autel et l’ancienne chaire en cèdre du Liban, le tombeau du maréchal Catinat, hôte illustre de cette petite ville, l’orgue séculaire, l’antique baptistère…Chaque messe était pour elle un voyage dans le temps où elle communiait avec l’histoire de cette église, liée à la l’Histoire de France et à son histoire personnelle. Elle avait toujours aimé l’histoire, elle avait même failli devenir professeur d’Histoire mais, aimant trop l’action elle était finalement devenue journaliste reporter, et ce métier avait occupé 35 années de son existence. Comme elle avait du mal à voir et à entendre les officiants, elle laissait souvent son esprit vagabonder après ses souvenirs sans en éprouver la moindre honte car elle savait que Dieu la connaissait telle qu’elle était et qu’elle n’avait donc rien à cacher. Pendant sa vie elle avait souvent douté de l’existence de Dieu mais elle avait finit par opter pour le oui, mais son Dieu ne ressemblait pas tout à fait à celui du curé, le sien était plus tolérant et avait le sens de l‘humour. Elle n’avait pas besoin de suivre l’intégralité de la messe pour repérer les moments essentiels, comme celui de l’eucharistie et puis elle n’avait pas besoin d’être à l’église pour méditer et prier, d’ailleurs elle avait toujours l’impression de sentir la présence de Dieu à ses côtés. Elle n’avait jamais été adepte de la confession à un prêtre et continuait à demander directement son pardon à Dieu bien qu’elle ne commette plus autant de pêchés qu’avant. Elle était délivrée depuis longtemps des pêchés de la chair qui avait été, de loin, sa plus grande tentation et elle ne regrettait absolument pas d’y avoir souvent cédé. Son second grand pêché avait été la gourmandise et celui-ci la tenait encore considérablement, au grand dam de son médecin, le jeune docteur Chardin, à qui elle faisait « perdre son latin ».

La messe achevée Louise traversa la nef, descendit les marches du perron, traversa avec précaution la place de l’église et entra dans son immeuble puis dans son appartement, elle était encore une bonne marcheuse pour ses 84 ans mais elle avait du arrêter la randonnée pédestre qu‘elle avait pratiqué pendant 40 ans. Elle y vivait seule pendant les vacances scolaires mais le reste de l’année elle avait la compagnie de deux étudiantes à qui elle louait une chambre. Elle aurait pu passer ce repas de Noël en compagnie de nombreuses personnes, que se soit les autres bénévoles de l’association « Artisans du Monde » où elle travaillait depuis 20 ans ou les membres de son club d’échecs, de nombreuses personnes l’avaient invité mais elle avait décliné leur offre car elle préférait passer Noël « en famille ». Ce que Louise ne disait à personne, pour ne pas être enfermée dans un asile, c’est qu’elle recevait régulièrement la visite de « ses chers fantômes ». Tout ceux qu’elle avait profondément aimé et qui l’avaient chéri en retour étaient morts avant elle mais leur fantôme venait souvent lui rendre visite. Il y avait son fils Vivien qui était pompier, mort en héros en sauvant la vie de trois personnes dont deux enfants, ses parents Manuel et Jeanne, ses  deux sœurs Solange et Olympe, son frère Daniel, sa meilleure amie Géraldine qu‘elle avait rencontré en classe de CP, son ex-mari Philippe, son compagnon Bertrand…quelques autres, des cousins, des amis venaient aussi à l’occasion.  C’était tous de parfaits compagnons,  doux, souriants et à la conversation apaisante, grâce à eux elle ne se sentait  jamais triste.

 

mercredi, 12 janvier 2011

Innocent

Mais quelle idée de t'appeler Innocent! C'était encore une conerie de ton père! Et tout ça pour plaîre à ton arrière grand-mère! Qui apprenait par coeur, de tous les papes, la biographie! Innocent! Toi! Mais il n'y a pas plus insolent que toi! Imprudent! Négligeant! Et violent en plus! Indécent! Décadent! Et dément! Tu n'es qu'un vil serpent! Comme ta mère! Alors va t'en!

samedi, 08 janvier 2011

La vieille dame de Saint-Gratien (1)

Nouvelle en 7 parties, écrite en 2007, publiée tous les samedis.

 

 

La vieille dame était dans l’église pour la messe de Noël, au premier rang car ses yeux fatigués d’avoir pleuré ne voyaient plus grand-chose, car ses oreilles usées par les bruits de la vie n’entendaient plus trop bien et son dos courbé par les ans, 84  au printemps prochain, donnait l’impression qu’elle était  toujours inclinée, dans une posture tout à fait attendue de la part d’une « grenouille de bénitier ». C’est certainement ainsi que devaient l’appeler les jeunes et même bon nombre d’adultes, ceux qui étaient installés dans les rangs derrière elle et qui ne voyaient d’elle que son apparence actuelle. Cette idée la faisait sourire et c’est pourquoi le curé croyait qu’elle était très pieuse et qu’elle souriait aux  anges. Elle imaginait les commentaires à son décès, son éloge funèbre et se demanda si le curé n’allait pas demander sa canonisation, cette idée la fit rire et elle dissimula son éclat de rire dans une quinte de toux. Elle était si loin d’être une sainte! Et le récit de sa vie n’était pas à mettre entre toutes les mains…Mais bien sûr, les apparences…Et plus personne ne pouvait les contredire ces apparences, puisqu‘il ne restait plus personne l‘ayant connu plus jeune. 

La vieille dame, qui s’appelait Louise, aimait bien cette église. Pendant les longs sermons du prêtre dont elle ne captait plus que quelques mots, elle laissait son regard flou errer sur les vitraux qu’elle connaissait par cœur et dont les visages lui semblaient autant de « portraits de famille », elle aimait par-dessus tout ces anges potelés et virevoltants au dessus d’une jeune Marie vêtue de bleu intense, presque un bleu Touareg, sa couleur préférée qui lui rappelait ses périples dans le Sahara. Louise avait de nombreux souvenirs dans cette église, c’est là qu’elle avait été baptisée,  à l’âge de 7 ans, puis elle y avait fait sa communion, sa profession de foi et sa confirmation. C’est la aussi qu’avait eu lieu la célébration des obsèques de son père puis, quarante ans plus tard celle  de sa mère. Elle y avait assisté à un nombre incalculable de messes quand elle était enfant avec ses camarades, puis adulte avec sa mère, sa sœur aînée et son fils, puis seule. Pourtant elle n’avait pas vécu toute sa vie dans cette petite ville de Saint Gratien, elle en était parti à 25 ans pour vivre à Poitiers avec son mari Philippe, elle avait même quitté la France pendant vingt ans pour vivre à Bruxelles avec Bertrand son amant - celui pour lequel elle avait quitté son mari - mais comme sa mère était restée dans cette ville jusqu’à sa mort, elle y était revenu à chaque Noël pour y retrouver toute sa famille. Et puis un jour elle y avait déposé définitivement ses valises pour y finir sa vie.

 

mercredi, 05 janvier 2011

Rongntudju!

Des problèmes d'ordi (logiciels et mises à jour à la con!) me tiennent éloignée de la blogosphère.