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samedi, 05 février 2011

La vieille dame de Saint-Gratien (5)

 

Merci à ceux qui prennent le temps de commenter cette nouvelle et merci pour vos encouragements :Cerisette, Ecureuil bleu, Eglantine, Elisabeth, Evy, Jill Bill, Mamalilou, Marlou, Patriarch et Solange.

 

Louise se réveilla ce matin là dans les bras de Philippe qui dormait encore, c’était leur première nuit ensemble. Cette nuit avait été très douce et très tendre, Louise avait eu un peu mal mais rien de l’horrible douleur dont lui avait parlé son amie Justine, qui s’était fait dépuceler un soir de bal. Philippe était aussi inexpérimenté qu’elle mais de robuste constitution aussi ils avaient pu se livrer à trois tentatives qui avaient finit par leur donner un certain plaisir qui leur laissait entrevoir quelle jouissance ils pourraient atteindre quand leurs deux corps se seraient complètement apprivoisé. Louise ne pensait pas que les hommes puissent avoir une peau aussi douce et imaginait désormais en frissonnant sa main caressant la peau de Philippe, sur son torse, sur son ventre et sur son sexe. Philippe ne pensait pas que sa douce Louise pouvait lui murmurer des mots aussi crus au creux de l’oreille. Ils se découvraient étonnés croyant déjà tout connaître de l’autre et savouraient ces nouveautés inattendues.

D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle avait toujours connu Philippe. Ils s’étaient rencontrés lorsqu’elle avait quatre ans, dans la cour que partageaient les deux immeubles où leurs familles vivaient à Issy-les-Moulineaux. Ils se voyaient tous les jours depuis, allant ensemble à l’école et partageant les mêmes jeux. Cette petite cour qui leur paraissait immense recelait mille et un trésors : dans un coin une vielle moto sur laquelle ils montaient en rêvant à de grands voyages, imaginant le vent dans leurs cheveux, contre le mur du café un robinet d’eau  qui devenait source dans le Sahara à chaque fois qu’ils jouaient « au désert » dans le bac à sable situé au pied du grand chêne qui ornait la cour. Ce jeu consistait à se traîner dans le sable en faisant croire que l’on mourrait de soif, perdu au cœur du Sahara, au bout de 15 minutes d’autosuggestion ils se ruaient sur le robinet comme sur une source miraculeuse et cette eau, qui coulait sur leur lèvres, dans leur gorge et dans leur cou leur paraissait divinement pure. Parfois ils entraient dans le café qui appartenait aux parents de leur amie Claudine, tous les habitués les connaissaient, les appelaient par leur prénom et riaient avec eux. Et puis il y avait le hangar où Claudine rangeait tous ses jouets qui paraissaient autant de trésors, on aurait dit une caverne d’Ali Baba, un lieu de légende… Il y avait plusieurs bicyclettes, des cerceaux, des quilles, des ballons…Ils étaient dans la même école mais pas dans la même classe car Philippe avait deux ans de plus qu’elle. Leur  amour leur avait toujours semblé une évidence bien que leur vrai premier baiser n’ait eu lieu que quatre ans auparavant le jour de la Saint Valentin 1932. Philippe lui avait offert des chocolats à la liqueur, ceux qu’elle préférait. Elle lui avait dit en riant « tu veux être mon Valentin? », mais lui ne riait pas, ses yeux bleus brillaient comme s’il avait de la fièvre, il avait pris son visage délicatement entre ses deux mains, avait embrassé ses lèvres qu’il avait entrouvert doucement avec sa langue. Lorsque leurs langues se touchèrent elle sentie faiblir ses jambes et se serra très fort contre lui de peur de s’évanouir, et c’est ainsi que son meilleur ami, celui qui l’avait déjà embrassé de multiples fois, sur les joues, dans le cou et même sur les lèvres, était devenu son amoureux.

Aujourd’hui ils étaient à Trouville pour leurs premières vacances, profitant de l’élan des premiers congés payés ils étaient partis avec la tante et l’oncle de Philippe qui possédaient une voiture. Les adultes étaient à l’hôtel et eux partageaient la même tente, ils étaient fiancés depuis peu et comptaient se marier dés que Philippe aurait finit ses études d’économies (dans deux ans). Ils venaient de découvrir la beauté de la mer scintillant au soleil levant et tout leur paraissait possible. Leur avenir leur semblait une aube radieuse…Seul Dieu savait que déjà les nuages s’amoncelaient…

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Commentaires

Bonjour

Petit passage pour te souhaiter une bonne journée et une douce soirée bisous féerique Evy

Écrit par : evy | samedi, 05 février 2011

Bonjour Enriqueta, ceci ma ramène à ma propre existence où j'ai connu celui qui allait devenir mon époux à l'âge de 7 ans....... C'est une très belle page.... Merci à toi. Jill

Écrit par : jill bill | samedi, 05 février 2011

J'aime la fraicheur de ce texte.

Écrit par : GILBERTILO | samedi, 05 février 2011

C'est la belle époque, juste avant 39 , non?


Bonne journée de dimanche. Bises

Écrit par : patriarch | dimanche, 06 février 2011

Une petite halte par chez toi Enriqueta, où la lecture est toujours agréable et au rendez-vous, bon dimanche :-)

Écrit par : Joëlle | dimanche, 06 février 2011

Une belle histoire d'amour, c'est toujours agréable à lire.

Écrit par : Solange | lundi, 07 février 2011

Très pudique et très vrai ce récit, on croirait que c'est la vie de nous tous.... C'est tellement bien raconté. Bonne soirée.

Écrit par : elisabeth | mercredi, 09 février 2011

J'ai connu mon mari à 17 ans. Ce n'était qu'un copain pour moi, puis j'ai commencé à l'aimer. Nous sommes restés mariés 20 ans et maintenant nous sommes redevenus copains...

Écrit par : écureuil bleu | mardi, 22 février 2011

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