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samedi, 26 février 2011

Amourettes

auguste-renoir-dans-le-jardin.jpg

Dans ce charmant jardin

Aux parfums captivants

Une belle se laisse ainsi 

 conter fleurette

Et tandis qu'il bourdonne

Et chuchotte et susurre

Elle rêve au bruissement

De son coeur de crépon

C'est le printemps des fleurs

Et des jolis jupons

Qui musardent gaiement

Qui flânent allègrement

Elle fait semblant de croire

   A ce gazouillement

Il se prend pour un roi

Un chevalier d'antant

Il faut bien que jeunesse

Quitte son nid douillet

Et découvre à son tour

Le temps des amourettes.

 

Pour le jeu de Lylyjane

mercredi, 23 février 2011

Jeu d'écriture

Un jeu d'écriture en relais sur le blog de Pierre Carambole. J'ai pris le relais pour la 7e strophe, il en reste encore 3 à écrire, si j'ai bien compris.

Je suis à la recherche de sites qui proposent des jeux d'écriture, sans limite de temps ou qui laissent du temps pour écrire, un mois,  3 semaines,  15 jours minimum. Beaucoup de sites proposent des jeux à la semaine et le délais est trop court pour moi, j'ai déjà le jeu des prénoms de Jill Bill tous les mercredis et ça m'occupe beaucoup. Merci de me laisser en commentaire les bonnes adresses que vous connaissez.

Merci à ceux qui ont répondu à mon appel :

Je participe aux jeux d'Amtealty, d'Ecureuil bleu, d'Evy, de Jill Bill et de Lylyjane. Je participais aux jeux d'Abeilles 50 mais il n'en fait plus. J'ai participé une ou deux fois aux jeux de Bigornette mais elle n'en fait plus pour l'instant, de même aux jeux de Violette, de Marc, de la petite fabrique d'écriture et du terrier des renards (j'ai arrêté d'y jouer car nos objectifs n'étaient pas les mêmes). Je ne connais pas Marie-France ??

Je ne sais pas comment fonctionnent les croqueurs de mots. 

J'ai rajouté Mille et une qui fonctionne tous les 15 jours d'après photo.

J'attends toujours vos "tuyaux"...D'avance merci.

Si vous-même vous cherchez à participer à des jeux, vous trouvez la liste des jeux auxquels je participe dans ma colonne de droite "organisateurs de jeux". Et j'organise aussi des jeux que vous pouvez trouver sur mon blog à la rubrique "jeu d'écriture".

 

Urbain

Vous êtes bien urbain! Lui dit-on chaque jour

Et bien qu'il ait toujours vécu en ville

C'est son grand savoir-vivre qui lui vaut ces remarques

Il a la politesse de ces anciens Romains

L'élégance que donne l'usage du vaste monde

Ses phrases sont bien tournées, son attitude courtoise

Affable et raffiné, il est un galant homme

Il vit avec aisance, tact et civilité

Il porte son prénom avec une distinction

Que l'on ne trouve plus que dans les vieux romans.

 

 

Un jeu sur les significations du mot urbain pour le jeu des prénoms de Jill Bill.

lundi, 21 février 2011

Merci!

Merci pour le grand intérêt que vous portez à ma nouvelle :

                                   "La vieille dame de Saint-Gratien".

Pour faciliter la lecture de ceux et celles qui veulent la lire en entier voici un lien avec la page où elle se trouve (en cliquant sur le titre de la nouvelle).

Merci à ceux qui ont laissé des commentaires :

Cerisette, Ecureuil bleu, Eglantine, Elisabeth, Evy, Jill Bill, Mamalilou, Marlou, Patriarch, Solange, Julie, Reinette et Sandra.

samedi, 19 février 2011

La vieille dame de Saint-Gratien (7)

 (Je viens de me rendre compte qu'il manque une partie du texte, je vais essayer de la retrouver mais pas tout de suite car je ne suis pas chez moi.)

Louise se réveilla ce matin là dans les bras de Philippe qui dormait encore, c’était leur première nuit ensemble. Cette nuit avait été très douce et très tendre, Louise avait eu un peu mal mais rien de l’horrible douleur dont lui avait parlé son amie Justine, qui s’était fait dépuceler un soir de bal. Philippe était aussi inexpérimenté qu’elle mais de robuste constitution aussi ils avaient pu se livrer à trois tentatives qui avaient finit par leur donner un certain plaisir qui leur laissait entrevoir quelle jouissance ils pourraient atteindre quand leurs deux corps se seraient complètement apprivoisé. Louise ne pensait pas que les hommes puissent avoir une peau aussi douce et imaginait désormais en frissonnant sa main caressant la peau de Philippe, sur son torse, sur son ventre et sur son sexe. Philippe ne pensait pas que sa douce Louise pouvait lui murmurer des mots aussi crus au creux de l’oreille. Ils se découvraient étonnés croyant déjà tout connaître de l’autre et savouraient ces nouveautés inattendues.

D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle avait toujours connu Philippe. Ils s’étaient rencontrés lorsqu’elle avait quatre ans, dans la cour que partageaient les deux immeubles où leurs familles vivaient à Issy-les-Moulineaux. Ils se voyaient tous les jours depuis, allant ensemble à l’école et partageant les mêmes jeux. Cette petite cour qui leur paraissait immense recelait (Une partie du texte manque) Géraldine.

???

 Le spectacle avait ceci de particulier d’être constitué d’anonymes, la salle ayant été louée par Philippe qui avait invité tout ceux qu’il aimait pour assister à ses débuts sur scène. A 53 ans il avait décidé de réaliser son rêve : devenir chanteur. Cela faisait quatre ans qu’il était au chômage et on lui avait fait comprendre qu’il ne trouverait plus jamais rien dans son secteur (l’étude de l’économie appliquée à la politique des démocraties occidentales). Il avait donc monté une tournée avec d’autres personnes de tous âges qui, comme lui, voulaient réaliser leur rêve. Louise était assise à la même table que Catherine, la compagne de Philippe, une belle femme brune avec laquelle elle s’entendait bien. Elle avait pourtant l’intention de la trahir cette Catherine puisque s’étant rendue compte qu’elle avait toujours des sentiments passionnés pour Philippe elle s’apprêtait à les lui avouer. Elle aimait beaucoup la voix de Philippe qui réveillait en elle des désirs oubliés et de charmants souvenirs, en l’écoutant elle revoyait les différentes étapes de leur vie commune jusqu’à leur séparation, à son retour de Mauritanie en compagnie de Bertrand. 

Elle pensait désormais avoir commis à cet instant là la plus grande erreur de sa vie : quitter Philippe. Elle ne pouvait nier qu’elle avait toujours des sentiments très puissants pour celui qui restait légalement son mari. Bien sûr, leur mariage s’était enlisé dans une pesante routine qui lui avait fait confondre son mari avec un frère et l’avait jeté dans les bras du fougueux Bertrand. Louise n’avait jamais su résister à la fougue d’un homme, elle avait déjà eu deux autres amants avant Bertrand. Il y  avait eu Robert, un jeune Canadien qu’elle avait rencontré en Normandie en 1944 où elle avait participé pendant quelques temps à la Résistance (en livrant des documents utiles pour le débarquement) tandis que Philippe était encore en Angleterre où il avait participé à la logistique du débarquement. En ces époques troublées où la mort pouvait s’emparer d’eux à chaque seconde Louise n’avait pas su résister à l’appel de la vie qui se lisait dans les yeux noisette de Robert. Et puis il y avait eu Luigi un italien rencontré au Louvre pendant l’été 1948 où elle préparait un voyage en Egypte. Philippe était en voyage en Israël et Luigi avait de si beaux yeux bleus! Leurs regards s’étaient croisés la première fois alors qu’ils regardaient tout les deux la statuette représentant Akhénaton et Néfertiti. Luigi l’avait suivi dans le musée puis abordé, ils avaient pris un verre ensemble et s’étaient revu le lendemain puis le surlendemain et ainsi pendant dix jours, visitant Paris comme un couple de touristes en lune de miel. Luigi était beau et musclé comme un athlète antique. Elle avait toujours avoué à Philippe ses aventures, il les acceptait avec beaucoup d’indulgence et de tendresse comme une conséquence inéluctable du fougueux caractère de sa femme. Il pensait que ces aventures n’avaient pas d’importance mais un jour il y avait eu Bertrand…

 

Philippe aussi s’était parfois laissé séduire à cause de sa trop grande générosité, comme ce jour où il avait consolé leur voisine Alexandra qui venait de se faire plaquer par son mari et qui était persuadée qu’elle n’était plus désirable. Ne sachant pas comment lui faire entendre raison, il avait joint le geste à la parole et Louise avait ri de bon cœur à cette incartade, soulagée que Philippe lui rende  la pareil d’une aussi généreuse façon. Mais maintenant il y avait Catherine entre eux et elle n’était pas sûre de ses sentiments à lui. Après leur séparation il lui avait dit qu’il l’attendrait toujours dans une lettre passionnée :

 «  Parlant de notre histoire, je veux simplement te dire qu’elle est belle, formidable, que notre amour est un amour pur et grand même si notre relation aujourd'hui est finie. Je te voue le plus grand respect et je te pardonne car je t’aime. Je suis très heureux d'avoir vécu cette histoire et je continuerai à avoir les plus nobles et grands des sentiments pour toi. Entre nous il y a un pacte, je te promets qu'il ne sera annulé qu'avec nos morts car les souvenirs et les vérités restent. Tu es l’amour de ma vie ». Les premiers temps il l’avait vraiment attendue et puis il y avait eu la naissance de Vivien et Philippe avait renoncé à Louise puis rencontré la douce Catherine.

Soudain, Philippe chanta « La rouille » de Maxime Le Forestier et Louise comprit alors que Philippe avait toujours des sentiments pour elle car c’était la chanson qu’il avait recopié dans la lettre qu’il lui avait donné après leur séparation, elle connaissait Philippe et savait qu’il ne faisait jamais rien au hasard et qu’il était très attaché aux symboles, il ne pouvait pas avoir oublié cette chanson et cette lettre. Elle se dit qu’elle devait à leur amour d’essayer de se réconcilier avec Philippe, malgré Catherine, leur amour méritait cela. Elle décida donc de lui donner rendez-vous dés le lendemain pour lui avouer ses sentiments, son cœur battait aussi fort que lors de leur premier vrai baiser d’amoureux…Le lendemain matin elle fût réveillée par la sonnerie du téléphone, c’était la voix de Catherine…Philippe venait de mourir dans la nuit, d’une crise cardiaque.

_ _ _ _ _ _ _ _

Louise venait de revivre les moments clefs de son existence, elle avait  pu à nouveau serrer dans ses bras tout ceux qu’elle aimait… Elle ne savait plus si elle était une vieillarde ou une jeune fille, une enfant ou une jeune femme…Avait-elle vraiment vécu tout cela? Toute cette vie lui paraissait comme un rêve, un long rêve d’amour…Seul Dieu savait qui était Louise et ce qui l’attendait…

Louise se réveilla dans les bras de Bertrand. La tempête mauritanienne s’était achevée et elle compris que c’était aussi la fin de leur aventure passionnée. Louise avait très envie de rentrer auprès de Philippe. Bertrand essaya de la retenir puis finit par la laisser partir, il y avait en elle cette certitude que sa vie n’avait de sens qu’avec Philippe, sans savoir d’où lui venait sa détermination, elle sentait que c’était cette décision qu’elle devait prendre et aucune autre…Elle ne savait pas encore qu’elle ramenait à Philippe un cadeau inattendu : un enfant…

Dieu avait décidé de redonner à Louise une seconde vie, Louise avait à nouveau 35 ans et avait oublié qu’elle avait été une vieille dame.

 

 

mercredi, 16 février 2011

Carmen

De l'Opéra, la reine c'est Carmen

L'Amor à mort est sa loi

Quand la belle Passion devient haine

Le Coeur est enfant de bohême

Nos Amours sont diluviennes

Si tu, no me quieres, yo te quiero*

Elles vont d'Eden en Eden

Nunca conocio ley el amor **

La Vie n'est qu'une vaste arène

Elle n'a jamais connu de loi

Si tu m'aimes que Dieu me comprenne

Amor es hijo de bohemia***

On aspire au calme, au zen

Mais nos corps n'obéissent pas

Si je t'aime, prends garde à toi

En cada mujer hay una Carmen.****

 

*Si tu ne m'aimes pas je t'aime / si toi, tu ne m'aimes pas, moi, je t'aime

**Il n'a jamais connu de loi, l'amour

***L'amour est enfant de bohême

****En chaque femme il y a une Carmen

 

Pour la petite histoire, "Carmen" de Bizet est le premier opéra que j'ai vu sur scène quand j'avais 17 ans. Et ma correspondante espagnole/catalane s'appelle Carmen. Je l'ai connue à 16 ans. Nous nous écrivons toujours, elle habite dans la banlieue de Barcelone.

Pour le jeu des prénoms de Jill Bill bien sur!

samedi, 12 février 2011

La vieille dame de Saint-Gratien (6)

Louise ouvrit les yeux, pendant quelques secondes elle bénéficia encore du répit du au sommeil, flottant dans un état semi conscient. Et puis soudain la douleur revint, intense, sauvage, comme une vague de raz de marée elle fit exploser son cœur, à nouveau. C’était ainsi que se réveillait Louise depuis que le capitaine Harver lui avait annoncé la mort de son fils Vivien. Elle l’avait enterré la veille mais n’y avait trouvé aucun soulagement, même la présence de Bertrand, le père de Vivien qui était revenu du Mexique et qui dormait à présent dans la chambre d’amis ne lui avait rien apporté, son cœur n’était que souffrance. Elle revivait en boucle la scène du drame, le téléphone qui sonne, la voix sombre du capitaine Harver lui annonçant l’innommable, elle faisait de nombreux cauchemars dans lesquels elle voyait mourir Vivien. Son fils était mort en héros en sauvant trois enfants d’un incendie. Parce que l’un des enfants réclamait en pleurant son chien, Vivien  était retourné à l’intérieur de la maison délivrer le chien et avait été mortellement blessé par une poutre qui s’était effondrée sur lui. Le chien avait survécu, Vivien lui, était décédé trois heures plus tard à l’hôpital. Combien d’hommes sont capables de donner leur vie pour un chien? Son fils était de cette trempe là et cela la rendait folle de douleur et de rage, elle sentait monter en elle des envies de violence, le désir profond de tuer ce chien et tous les chiens de la terre. Elle regardait le plafond en ressassant ces idées mais ce matin là quelque chose de nouveau se produisit quand elle se redressa, au pied de son lit elle aperçu la silhouette fantomatique de Vivien. Vivien lui souriait et lui dit, sans que ses lèvres bougent : « Maman, je t’aime mais tu a tord, tu le sais au fond de toi que j’ai eu raison ». Il souriait mais ce n’était pas ses lèvres qui souriaient c’était davantage ses yeux, sa lumière qui envoyaient cette impression de sourire, presque de moquerie.

Cette rencontre changea la vie de Louise d’autant plus que cette apparition ne fut pas la seule et non seulement de son fils mais aussi de tous les décédés qu’elle avait aimé. C’était toujours son fils qui les amenait, ses parents , son mari Philippe…Ils venaient tous lui rendre visite régulièrement, restaient souvent sans rien dire mais même quand ils communiquaient c’était plus comme une voix intérieure qui se serait adressée à elle. Louise, émerveillée par ce splendide cadeau qu’on venait de lui faire avait décidé de faire profiter d’autres personnes de sa sérénité retrouvée et s’était investie dans une association de soutien moral et physique aux veuves et veufs de sa commune où elle faisait des miracles. Bertrand avait décidé de rester lui aussi à Saint Gratien et ils avaient finit par reprendre une harmonieuse vie de couple mais beaucoup plus tendre que passionnée.

Cette femme de 66 ans, veuve depuis l’âge de 51 ans faisait désormais l’admiration de tous par son dynamisme et sa magie à trouver les mots qui guérissent et les idées qui sauvent, qui donnent des solutions. Elle aidait admirablement les gens à faire leur deuil de la façon la moins douloureuse possible. Désormais la scène qu’elle revoyait souvent était celle où Vivien lui annonçait qu’il voulait devenir pompier, il avait 13 ans, puis elle revivait le moment où il était devenu pompier bénévole puis professionnel à Bruxelles. Vivien irradiait de bonheur et Louise de fierté, elle avait accepté de sacrifier sa tranquilité pour le bonheur de son fils qui avait fait le choix de vivre une courte vie de lion (30 ans) au lieu d’une longue vie de bœuf. Elle-même avait été reporter international et avait exposé sa vie plus d’une fois. Combien de gens peuvent se vanter d’avoir réalisé leurs rêves? Combien de gens ont-ils une vie exaltante? Louise savait que Vivien et elle étaient des privilégiés. Dieu savait que Vivien et Louise avaient eu accès à une vérité fondamentale.

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mercredi, 09 février 2011

Achille

Achille côté pile / côté face...face de rat

Premère lecture : Ne lire que les vers soulignés pour découvrir le côté pile d'Achille, le côté positif.

Deuxième lecture : Lire tous les vers pour découvrir le côté face d'Achille, le côté face de rat.

Et deux accrostiches pour le fun!

 

Ainsi est le subtile Achille

                          De plus malhabile il n'y A

Celui qui tangue et qui oscille

            Dans les bistrots il claque son friC

Habile et parfois volubile

              Poussant des cris, des ah! des oH!

Il anime les rues de la ville

                               Et il chasse le canarI

Librement, d'un pas volatile

                              Il se rétame sur le soL

Libre-penseur et indocile

                   Il perd la boule, il perd le fiL

Ecrivain public, il jubile

                   Il est fin comme un crocodilE

 

samedi, 05 février 2011

La vieille dame de Saint-Gratien (5)

 

Merci à ceux qui prennent le temps de commenter cette nouvelle et merci pour vos encouragements :Cerisette, Ecureuil bleu, Eglantine, Elisabeth, Evy, Jill Bill, Mamalilou, Marlou, Patriarch et Solange.

 

Louise se réveilla ce matin là dans les bras de Philippe qui dormait encore, c’était leur première nuit ensemble. Cette nuit avait été très douce et très tendre, Louise avait eu un peu mal mais rien de l’horrible douleur dont lui avait parlé son amie Justine, qui s’était fait dépuceler un soir de bal. Philippe était aussi inexpérimenté qu’elle mais de robuste constitution aussi ils avaient pu se livrer à trois tentatives qui avaient finit par leur donner un certain plaisir qui leur laissait entrevoir quelle jouissance ils pourraient atteindre quand leurs deux corps se seraient complètement apprivoisé. Louise ne pensait pas que les hommes puissent avoir une peau aussi douce et imaginait désormais en frissonnant sa main caressant la peau de Philippe, sur son torse, sur son ventre et sur son sexe. Philippe ne pensait pas que sa douce Louise pouvait lui murmurer des mots aussi crus au creux de l’oreille. Ils se découvraient étonnés croyant déjà tout connaître de l’autre et savouraient ces nouveautés inattendues.

D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle avait toujours connu Philippe. Ils s’étaient rencontrés lorsqu’elle avait quatre ans, dans la cour que partageaient les deux immeubles où leurs familles vivaient à Issy-les-Moulineaux. Ils se voyaient tous les jours depuis, allant ensemble à l’école et partageant les mêmes jeux. Cette petite cour qui leur paraissait immense recelait mille et un trésors : dans un coin une vielle moto sur laquelle ils montaient en rêvant à de grands voyages, imaginant le vent dans leurs cheveux, contre le mur du café un robinet d’eau  qui devenait source dans le Sahara à chaque fois qu’ils jouaient « au désert » dans le bac à sable situé au pied du grand chêne qui ornait la cour. Ce jeu consistait à se traîner dans le sable en faisant croire que l’on mourrait de soif, perdu au cœur du Sahara, au bout de 15 minutes d’autosuggestion ils se ruaient sur le robinet comme sur une source miraculeuse et cette eau, qui coulait sur leur lèvres, dans leur gorge et dans leur cou leur paraissait divinement pure. Parfois ils entraient dans le café qui appartenait aux parents de leur amie Claudine, tous les habitués les connaissaient, les appelaient par leur prénom et riaient avec eux. Et puis il y avait le hangar où Claudine rangeait tous ses jouets qui paraissaient autant de trésors, on aurait dit une caverne d’Ali Baba, un lieu de légende… Il y avait plusieurs bicyclettes, des cerceaux, des quilles, des ballons…Ils étaient dans la même école mais pas dans la même classe car Philippe avait deux ans de plus qu’elle. Leur  amour leur avait toujours semblé une évidence bien que leur vrai premier baiser n’ait eu lieu que quatre ans auparavant le jour de la Saint Valentin 1932. Philippe lui avait offert des chocolats à la liqueur, ceux qu’elle préférait. Elle lui avait dit en riant « tu veux être mon Valentin? », mais lui ne riait pas, ses yeux bleus brillaient comme s’il avait de la fièvre, il avait pris son visage délicatement entre ses deux mains, avait embrassé ses lèvres qu’il avait entrouvert doucement avec sa langue. Lorsque leurs langues se touchèrent elle sentie faiblir ses jambes et se serra très fort contre lui de peur de s’évanouir, et c’est ainsi que son meilleur ami, celui qui l’avait déjà embrassé de multiples fois, sur les joues, dans le cou et même sur les lèvres, était devenu son amoureux.

Aujourd’hui ils étaient à Trouville pour leurs premières vacances, profitant de l’élan des premiers congés payés ils étaient partis avec la tante et l’oncle de Philippe qui possédaient une voiture. Les adultes étaient à l’hôtel et eux partageaient la même tente, ils étaient fiancés depuis peu et comptaient se marier dés que Philippe aurait finit ses études d’économies (dans deux ans). Ils venaient de découvrir la beauté de la mer scintillant au soleil levant et tout leur paraissait possible. Leur avenir leur semblait une aube radieuse…Seul Dieu savait que déjà les nuages s’amoncelaient…

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jeudi, 03 février 2011

Mon coeur a emporté par mégarde

"Lorsque le vent secoue les feuilles

La terre sait tant de choses

(...)

Elle a bu tant de lumière

Absorbé tant de chagrins..."

 

La poésie de Zip de Zoup