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jeudi, 02 août 2012

Espèce de ...prof! (5)

5e et dernier extrait de ma nouvelle

"Le directeur nous exorte à continuer nos efforts pour désamorcer coûte que coûte toute tentative d'acte violent. Jusqu'à présent, aucun enseignant n'a été tué et il n'y a eu que trois blessés ayant séjourné à l'hôpital cette année. Tous les trois avaient été blessés par des élèves. L'année dernière Mme Dayan, un professeur de maths "vieille école" avait été poignardée par un parent. Ce professeur venait d'arriver dans notre établissement, elle avait été transférée d'un établissement élitiste de province et n'avait pas su s'adapter à notre public. Quelques enseignants font la grimace en réaction aux propos du directeur. Moi, ça fait bien longtemps que tout cela me parait normal. Ce n'est qu'une question d'habitude finalement. On se fait à tout. On nous annonce aussi que les journées pédagogiques de fin d'année porteront sur le thème : "le parler politiquement correct avec les parents, comment désamorcer les conflits dans les relations parents-professeurs de façon à éviter les plaintes et les procès". On nous donne le planning du 3e trimestre avec les dates de conseils, de réunions et d'épreuves du bac et du brevet. Le directeur nous rappelle que nous devons à l'Etat 48 heures de travail gratuit pour la solidarité. Mais comme cela fait des décennies qu'on est solidaire, je ne saurais même plus dire avec qui ou quoi nous le sommes. L'a-t-on seulement su à un moment?

A 14h30 je descends pour donner mon 4e cours de la journée. Je me sens fatiguée et pourtant il faut encore que je m'active. Plus je suis fatiguée et plus je m'énerve. Je m'agite, je crie, parfois plus fort que les élèves, je gueule et je me casse la voix. La récréation sonne comme un cessez-le-feu. Je retrouve mes collègues en salle des professeurs, on se met à parler du boulot, de nos petits tracas quotidiens, de nos heures supplémentaires qu'on ne récupérera jamais et qui, mises bout-à-bout, feront bientôt des années. On est tous très fatigués le Vendredi après-midi, on attend avec impatience la fin de la journée, la fin de la semaine, les vacances de printemps (dans une semaine) et surtout les grandes vacances. Quelques uns les attendent avec autant d'impatience que les marins de Christophe Colomb espérant les côtes "indiennes"."

 

 

(Pour lire la nouvelle en entier c'est ici...)

 

 

 

08:58 Publié dans Nouvelle | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Un sacré métier.... bel après midi... avec bises

Écrit par : patriarch | jeudi, 02 août 2012

Oh la la... Vivement le retraite enriqueta ! Bonne fin de semaine de le part de jill

Écrit par : jill bill | jeudi, 02 août 2012

La fatigue du vendredi, ça rend mauvais, c'est sûr.... Belle écriture comme toujours.

Écrit par : elisabeth | vendredi, 03 août 2012

Les commentaires sont fermés.