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dimanche, 29 juillet 2012

Une lettre d'un genre nouveau

Ce matin-là, je reçu une lettre d'un genre nouveau. Ce n'était pas un courrier type émanant d'une froide administration ou une bafouille quelconque répétée sur une carte postale mais une lettre qui n'existait que dans la blogosphère, une lettre virtuelle avec des mots offerts. Il s'agissait d'un message à propos d'un "je" qui savait qui j'étais et semblait me comprendre. Cette missive ne faisait pas la leçon et ignorait la prétention. Etait-ce un canular ou une fable d'antan? Etait-ce une préface ou bien un épilogue? Cette dépêche était écrite pour moi, éberluée d'être vivante et invitait aux confidences, elle n'existait pas sans ma lecture silencieuse et donnait ainsi un sens à ma vie.

Je n'y répondais pas par une lettre en vers, par un brillant poème ou par un psaume divin. Je ne suis pas Amélie Nothomb, ma plume est sans génie, mes maux deviennent mots sans gloire et sans fracas dans la calligraphie discrète du morne quotidien. Je mis pourtant tout mon espoir dans cette relation épistolaire et je postais plus ce qui me parut une bouteille à la mer qu'une épître.

 

(Pour Lenaïg)

Si vous voulez faire le jeu de l'été de lenaïg, c'est ici :

http://leblogdelenaig.over-blog.com/article-jeux-d-ete-le...

samedi, 28 juillet 2012

Lettre ouverte à L'Etat-Pirate

Ce mois-ci ma paye est arrivée amputée de 400 euros. Il faut savoir que le salaire des enseignants est toujours plus bas que la norme en Juillet -Août- Septembre, le salaire ne redevenant "normal" qu'en Octobre (Pourquoi?). Pour le rattrapage, il faut attendre au mieux Novembre, au pire Janvier (rattrapage des heures supplémentaires, de l'indemnité de transport, des corrections des examens...).

De quel droit l'Etat se permet-il d'agir ainsi? L'Etat n'est-il pas censé donner l'exemple? L'Etat n'est-il pas censé respecter les lois du travail alors que pour tout citoyen nul n'est censé ignorer la loi? Tout travail ne mérite-t-il pas salaire juste et équitable?

Je ne suis pas la seule dans ce cas, nombre de mes collègues sont également touchés mais cela n'est grâve que pour les célibataires, les divorcés, les veufs et les familles monoparentales.

Il faut savoir que ces 400 euros représentent mon budget vacances et que si mon compagnon ne me soutenait pas financièrement j'aurais du annuler mes vacances.

Il faut encore savoir que cela risque de se reproduire sur le salaire d'Août et de Septembre qui sont en général pareil à celui de Juillet. C'est donc 1200 euros qui vont me manquer en 3 mois. C'est inadmissible!

Je tiens à proclamer par cette lettre ouverte le profond mépris que m'inspirent le rectorat de Versailles, le ministère de l'Education Nationale et l'Etat français. Je n'accepte aucune de leurs explications et je ne cautionne aucun de leurs actes de piraterie.

L'Etat est le plus mauvais employeur de France et les enseignants sont régulièrement pris en otage et sacrifiés sur l'autel de l'indifference, de l'incompétence et de la malhonnêteté.

Leur attitude ne devrait appeler que mon mépris mais ils auront droit à ma colère car c'est tout ce qui me reste pour garder ma dignité.

17:41 Publié dans Vous dire | Lien permanent | Commentaires (4)

mardi, 24 juillet 2012

L'appel

Entends-tu cet appel, ce chant ensorcelant?
Il gonfle, des bateaux, les voiles aventurières
Et aux explorateurs donne des coeurs vaillants
Il dit: " va, envole-toi", pour découvrir le monde
Sur les mers passionnées, comprends ce que tu es
Deviens proue de navire, vibrant au gré des flots
Traverse les déserts ou les plus hauts sommets
Et tous les territoires méconnus, fascinants
Comme Marco Polo recherche les merveilles
De ce monde étonnant qui te fera vivant.
 
(Pour Ecureuil Bleu)

vendredi, 20 juillet 2012

Espèce de ...prof! (4)

4e extrait de ma nouvelle

"Je fais une première série de photocopies puis la machine s'arrête car il n'y a plus de papier; il n'y a plus de stocks mais en ouvrant toutes les armoires, j'arrive à trouver une ramette. Je relance la machine mais les photocopies sont trop pâles, on ne voit rien. La machine me dit maintenant qu'elle manque d'encre. Je change la cartouche puis je relance une nouvelle fois la machine, ça marche mais les premières photocopies sont pleines de tâches d'encre. Cela m'agace de gâcher ainsi du papier car je risque encore qu'on me reproche de dépasser mon quota de photocopies autorisées. Il y a deux ans le directeur m'avait retiré un point sur ma note administrative pour cette raison. Et je n'ai pas envie qu'on m'envoie faire le stage intitulé :" un bon professeur est un enseignant économe qui ne gâche pas le matériel et qui se contente de peu". Maryse a fait ce stage il y a trois ans et elle m'a dit qu'il était particulièrement rebutant. Avec toutes ces interruptions j'ai mis plus de 30 minutes pour faire 90 photocopies!"

 

(Pour lire la nouvelle en entier c'est ici...je publierai 1 autre extrait en Juillet)

 


07:54 Publié dans Nouvelle | Lien permanent | Commentaires (3)

lundi, 16 juillet 2012

Espèce de ...prof! (3)

3e extrait de ma nouvelle

"Mon deuxième cours se passe moins bien. Un élève me traite de salope car il a eut un 3 à son contrôle. Je lui réponds qu'il mérite sa note et qu'il pouvait mieux faire avec un peu plus de travail. J'ai été assez épargnée cette année au niveau des injures car je n'en ai reçu qu'une trentaine. Cet élève ne m'avait encore jamais insulté, alors je laisse passer et puis, si je mets un mot dans son carnet, ses parents risquent de se plaindre de moi et je n'ai pas envie que le directeur me dise encore que je suis trop susceptible et que je dois prendre du recul. Cette année a été assez calme, peu d'insulte et aucune agression physique. L'année dernière un élève m'avait gifflée et, à la suite de cela, j'avais du faire un stage d'une semaine de remotivation intitulé : " un bon professeur est un enseignant qui ne provoque pas chez ses élèves l'envie de l'insulter ou de le frapper".

A la récréation, je retrouve mon amie Maryse dans la salle des professeurs devant la machine à café.
"Ce n'est pas une vie!" s'exclame-t-elle.
"C'est pourtant la nôtre" lui réponds-je, en lui tendant la tasse de café ou plutôt ce qui devrait être un café si, depuis plusieurs jours, la machine ne nous servait pas que de l'eau chaude sucrée. La semaine dernière il y avait du café mais pas de sucre et celle d'avant du café et du sucre mais pas de gobelet. Maryse ne va pas bien en ce moment, elle m'a confié que, certains jours, l'idée de la récréation était la seule motivation qu'elle trouvait à venir ici. La récréation permet d'interrompre un peu la routine, les cris des élèves et des pions, les insultes et l'agitation."

 

 

(Pour lire la nouvelle en entier c'est ici...je publierai 2 autres extraits tout le mois de Juillet)

 

 

 

07:49 Publié dans Nouvelle | Lien permanent | Commentaires (6)

mardi, 10 juillet 2012

Le bel équipage

 

Jane Austen 3.jpg

 

Un galop de cheval et me voilà très loin

Au temps de Jane Austen et de ses doux romans

« Va, je ne te hais point » disent-ils du bout des lèvres

En n’osant exprimer leurs sentiments profonds

C’est un temps de pudeur et de beaux équipages

On pleure discrètement et l’on parle du temps

« J’espère que vos parents se portent à ravir »

C’est tout ce que l’on dit pour ne pas défaillir

Robes et costumes sages dansent sérieusement

Et l’on veut que raison gouverne sentiments

On se promène sans fin dans la campagne humide

On prend une tasse de thé, on lit ou l’on écrit

C’est le temps des missives qui font battre le cœur

On voile sa passion, on est un peu guindé

Mais deux mains qui se frôlent valent un long baiser

On est pauvre mais fier, on fait face au destin

On parle avec les yeux et l’on cache ses chagrins

Un cottage romantique ou un domaine somptueux

Peu importe le lieu quand on est amoureux…

 

 

Jane Austen.jpg

 

 

« Cet amour n’est pas l’amour qui change quand il trouve changement, ou qui se trouve remplacé par le remplacement.

Il est invariable tel la mer qui affronte les tempêtes et que jamais rien n’ébranle »

Marianne Dashwood citant Shakespeare dans « Raison et sentiments »

 

Jane Austen2.jpg

 

 

(Pour Mille et Une)

 

samedi, 07 juillet 2012

Espèce de ...prof! (2)

2e extrait de ma nouvelle

 

"Quand le haut-parleur annonce ma station, je me lève et je marche, c'est à ce moment là que je me réveille vraiment, au moment où je retrouve mes collègues sur le quai, ceux avec lesquels j'ai l'habitude de faire le chemin jusqu'au bahut. Ce matin, il y a Aline qui est professeur d'Arts et Mathilde, professeur de Français. On se parle à peine, parceque l'on est tendues et pas rassurées à cause des meutes de sauvageons (c'est comme ça que les médias ont baptisé les délinquants juvéniles de banlieue) qui traînent dans les rues et qui risquent de nous agresser. Nous avons peur bien qu'en général ils s'en prennent à des personnes seules ou très âgées. Alors on marche vite et on se fait discrètes pour que personne ne sache que nous sommes profs. Juste avant d'arriver, je ferme bien mon grand imperméable et je mets mon casque. Une précaution utile car nous tombons justement sur une bande de parents qui nous attendent pour nous jeter des fruits et des légumes pourris en nous insultant parce que l'on travaille dans ce bahut. Au début, cette attitude me faisait de la peine, mais maintenant, je laisse faire. Les mots ne me touchent plus et les vêtements ça se nettoie. On a tous des vêtements de rechange dans nos sacs, au cas où. Il faut simplement ne pas oublier son casque car il arrive que des parents nous bombardent avec autre chose que des fruits pourris."

(Pour lire la nouvelle en entier c'est ici...je publierai 3 autres extraits tout le mois de Juillet)

 

07:43 Publié dans Nouvelle | Lien permanent | Commentaires (5)

lundi, 02 juillet 2012

Espèce de...prof!

France, région parisienne, 2039

C'est une belle journée qui commence, il fait très beau, le printemps s'installe définitivement. J'ai mal dormi cette nuit car j'ai été réveillée par le bruit d'une course-poursuite entre des policiers et des délinquants qui avaient déclanché l'incendie d'une automobile pour occuper les pompiers. Les incendies criminels sont habituels, ici, ils mettent aussi le feu aux poubelles et aux boîtes aux lettres. Et puis il y a aussi les immeubles qui explosent à cause du gaz mais là, c'est accidentel. Tout ça, c'est comme des spectacles pour occuper les gens. Ces incidents arrivent souvent et quand les délinquants se tiennent tranquilles ce sont les bruits de la chasse aux SDF ou aux sans-papiers qui me réveillent, les nuits où la police politique les traque de rues en rues. Les bruits ne me dérangent pas toujours car je commence à être un peu sourde à force de travailler dans le bruit, mais parfois il faut évacuer l'immeuble en pleine nuit, à cause d'un incendie ou d'un contrôle des papiers, lors des rafles organisées pour arrêter les sans-papiers et les mauvais citoyens qui les protègent. Aussi, mon mari et moi nous avons pris l'habitude de dormir tout habillés pour perdre le moins de temps possible en cas d'évacuation. Mon mari râle beaucoup quand cela arrive, moi, ça fait longtemps que tout cela me paraît normal. Ce n'est qu'une question d'habitude finallement. On se fait à tout.
 
(Pour lire la nouvelle en entier c'est ici...je publierai 4 autres extraits tout le mois de Juillet)

05:10 Publié dans Nouvelle | Lien permanent | Commentaires (8)