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lundi, 14 juillet 2014

Défi n° 127

Dans ma bibliothèque, j'ai retrouvé un livre de Théodore Monod que tu m'avais dédicacé : "Méharées, explorations au vrai Sahara"...Notre rencontre en plein désert m'est ainsi revenue en mémoire...

 

C’était dans le grand erg oriental tunisien . Le soleil imprimait nos ombres sur le sable. Le matin, nous étions nombreux à marcher, escalader les dunes de sable puis les redescendre… les dunes s’enchaînaient, parfois interrompues par des plateaux couverts de buissons.

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La steppe, maigre pâturage pour de petits troupeaux de chèvres était surtout signe de bivouac temporaire pour une collation (thé à la menthe très sombre et très sucré, pain sans levain cuit sous la cendre et le sable) ou pour la nuit.

L’après midi nous préférions tanguer sur nos dromadaires…Le mien s’appelait Rajak et son chamelier Mabrouk.

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 Et nous partions ainsi pour une lente méditation qui rythmait le pas muet des dromadaires à travers les paysages sahariens.

 

« Homme, bois de l’eau pour te rendre beau, gave-toi de soleil pour te rendre fort, et regarde le ciel pour devenir grand » Proverbe Touareg

 

Nous somnolions, mon dromadaire fermait la marche et j’avais peur de véritablement m’endormir et de tomber; je te disais que si je tombais, ma chute serait silencieuse car amortie par le sable et que personne ne s’en rendrait compte avant le bivouac du soir et nous pouffions de rire comme des collégiennes. C'est pour que je ne m'endorme pas que toi, dont le dromadaire précédait le mien, tu me racontais les livres qui t’avaient le plus marqué,  et tu me fis découvrir « L’alchimiste » de Paulo Coelho.

C’est ainsi que s’égrénaient les jours…

Cette monotonie apaisante libérait nos esprits tout en ramenant nos corps à des besoins élémentaires : boire, manger, dormir, trouver un buisson…

Elle fut une fois interrompue par une tempête de sable. Les lèvres entrouvertes je respirais à travers l’épaisseur du voile de mon chech, je m’habituais à cette chaleur et à ce vent qui desséchaient ma bouche et ma peau esseyant d’oublier ma soif et la peau de mes cuisses irritées à force d'être assise sur un dromadaire.

 

« Et dans le désert de mon cœur, qui agrandit le désert de sable, le silence ajoute un voile sur mon voile, avec ses mains d’air et de sable » (Mano Dayak)

 

Nous trouvâmes refuge dans une maison abandonnée envahie par le sable pour y partager les restes du couscous de la veille. Le soir précédent nous avions participé à la tambouille pour éplucher, découper les légumes et apprendre quelques mots d’arabe (malheureusement oubliés), sous la surveillance de Belgacem le cuisinier. Ce jour là nous apprîmes à faire la vaisselle avec du sable.

Le soleil se couchait rapidement car nous étions en Février. En soirée, à l’heure du bivouac, nous ne disposions que d’une demi-heure/trois quart d’heure pour trouver un buisson, nous changer, installer notre lit de fortune ou chahuter sur les dunes. Nous nous rassemblions autour du feu pour prendre le repas, chanter, sous la direction d’Amor le chamelier-chanteur, et danser. Il faisait froid et nous nous réchauffions en buvant un peu de wisky, en nous serrant les uns contre les autres sous des couvertures qui sentaient le dromadaire et en dansant autour du feu.

 

« Ne te lasse pas de crier de joie, d’être en vie et tu n’entendras plus d’autres cris » Proverbe touareg

 

Nos rires et nos chants, portés par le vent, s’envolaient à travers le désert pour aller réchauffer les âmes solitaires…

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La lumière bienveillante de la lune nous permettait de regagner notre duvet, placé sous la tente berbère dressée pour nous abriter, ou plus à l’écart, au pied d’un buisson, selon notre humeur…Nous nous endormions en nous racontant des histoires que nous avions lu, en pouffant de rire et en regardant les étoiles…

Au matin, nous renaissions de nos duvets couverts de givre nocturne pour constater que des gerboises et des oiseaux étaient venus nous rendre visite, la nuit ou à l’aube, et avaient laissé leurs empreintes tout autour de nos sacs de couchage.

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Nous étions vingt-deux…Nous avons cheminé ensemble pendant quelques jours, quelques mois pour certains, quelques années pour d’autres mais je me souviens de vous tous, bien que vingt années aient passé. De cette belle aventure humaine il ne me reste que des souvenirs, des photos et les roses des sables que le Sahara m’avait offert…C'est tout cela que j'ai retrouvé pèle-mêle dans ma bibliothèque...Elle est très mal rangée ma bibliothèque... Que voulez-vous, je ne suis pas bibliothécaire.

 

(Pour les croqueurs de mots)

 

 

Commentaires

Une histoire vraie, la traversée du désert au sens propre... une expérience qui marque, merci enriqueta... bon 14 juillet de la part de jill

Écrit par : jill bill | lundi, 14 juillet 2014

ben dis donc quelle histoire le désert les chameaux , le vent etc toute une épopée


texte mis en ligne mais les croqueurs refusent encore mon commentaire, je ne sais pourquoi.

bons feux d'artifice et bonne journée

Écrit par : Venusia | lundi, 14 juillet 2014

Excellent Enriqueta, et même si j'ai la phobie des déserts, j'ai beaucoup aimé, tu as su me rendre ce désert sympathique, coloré et vivant. Bravo. J'ai participé aussi avec plaisir. Bises

Écrit par : Martine | lundi, 14 juillet 2014

Magnifiques souvenirs, comme il doit être bon de les retrouver au sein de ta bibliothèque comme un trésor de jeunesse...

Écrit par : ABC | lundi, 14 juillet 2014

Une belle traversée dans le monde des souvenirs , j'aime .
Une expérience que j'aurais bien aimé tenter le désert .
Bonne journée
Bises

Écrit par : jazzy57 | lundi, 14 juillet 2014

Bonjour Enriqueta
Belle histoire de Théodore Monod avec ballade dans le désert

Écrit par : rouergat | lundi, 14 juillet 2014

coucou
moi non plus je ne suis pas allée au feu d'artifice , il ne faisait vraiment pas chaud
bon lundi
bisoussssssssssssss

Écrit par : cerise | lundi, 14 juillet 2014

Une belle aventure qui forcément laisse des souvenirs ! Merci pour cette belle histoire saharienne ! Je n'oserais jamais aller dans le Sahara !

Écrit par : fanfan | lundi, 14 juillet 2014

Longue histoire, souvenirs heureux, tu as su rendre ton histoire et nous faire découvrir ce que c'est que la vie dans ce pays où je ne suis jamais allée. J'ai posté mon petit texte. Je te souhaite de belles vacances !

Écrit par : elisabeth | lundi, 14 juillet 2014

Ah, je ne m'attendais pas, Enriqueta, que ta bibliothèque ouvre sur le Sahara et que tu nous entraînes à dos de dromadaire à travers le désert ... Contente que tu nous fasses partager ces précieux souvenirs, merci beaucoup. Bisous !

Écrit par : Lenaïg | lundi, 14 juillet 2014

Merci de nous faire partager ces beaux souvenirs de ce voyage à dos de chameau. Bonne svacances

Écrit par : écureuil bleu | lundi, 14 juillet 2014

Agréable à lire ces vacances dans le désert Marocain ! Belle aventure ou l'on a le temps de méditer, de rêver.. J'aime beaucoup la sagesse de P. Coelho.
Merci pour ce beau partage.. et ce défi bien choisi !
Bizzoudouxx

Écrit par : M'mamzelle Jeanne | lundi, 14 juillet 2014

Ouupppsss!
Désert Tunisien.. bien certainement !

Écrit par : M'mamzelle Jeanne | lundi, 14 juillet 2014

Bonsoir Enriqueta,

Une belle aventure et joliment racontée

Belle fin de journée

Dominique

Écrit par : Dominique | lundi, 14 juillet 2014

ce doit être une expérience édifiante. Il parait que nul ne peut rester indifférent au désert
Merci pour ce voyage depuis les rayons de ta bibliothèque
bises et belle semaine
peut-être as-tu programmé un poème pour jeudi malgré ton départ avancé ?

Écrit par : Jeanne Fadosi | lundi, 14 juillet 2014

Magnifique voyage et si bien raconté ! j'ai bien de revenir te lire j'avais pas vu l'autre jour !

Écrit par : toumoi | mercredi, 16 juillet 2014

Bonsoir
L'achimiste, Théodore Monor, des valeurs sur d'une bibliothèque qui nous embarquent dans un rêve philosophique. C'est un bien beau souvenir que tu nous livré dans ce texte.
Cordialement

Écrit par : Heol | lundi, 21 juillet 2014

Les commentaires sont fermés.