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lundi, 17 avril 2017

Défi n°184 Les débuts et fins

"La fin du début ou le début de la fin"

Alors qu'il s'avance d'un pas décidé dans le couloir de la station Les Sablons à Neuilly, Vincent entend le métro s'approcher. Il monte dans un wagon et prend le temps de s'installer confortablement étant donné qu'il a un long parcours devant lui et qu'il dispose de beaucoup de place. En effet, il y a très peu de voyageurs à cette heure tardive. "Je vais en profiter pour faire mon choix" se dit-il en sortant de sa sacoche tous les livrets de chaque candidat. "Je ne sais pas trop par où commencer" se dit-il. Puis il s'empare du programme de MLP et le feuillette rapidement avant de le jeter sur le siège devant lui. "Je n'ai jamais été un homme violent" se dit-il "mais les nationalistes d'extrême droite ont le don de m'énerver et de réveiller mes plus bas instincts. Comment une telle personne peut-elle être autorisée à se présenter? Comment des êtres humains responsables peuvent-ils vouloir voter pour elle? Ils ont peur déjà, le désordre vient si vite et ces gens se servent de leurs peurs en leur faisant croire qu'ils vont rétablir l'ordre". Interrompant son monologue intérieur, il se plonge dans la lecture des autres livrets et décortique chaque programme. "Ouf! C'est fini!" constate-t-il enfin alors qu'il arrive à la station "Bastille". "Mais que choisir?Beaucoup de programmes sont très intéressants sur le papier, mais qu'en sera-t-il dans la réalité? Les promesses seront-elles tenues?". Aucun d'entre eux ne l'avait vraiment convaincu de sa sincérité et de ses compétences. Comme à chaque élection la situation manque cruellement d'excitation et Vincent se dit qu'il va encore devoir voter "contre", comme d'habitude. Barrer la route des extrémistes et miser sur celui qui a le plus de chance d'être élu d'après les sondages, voilà ses tristes objectifs. "Bon, c'est parti" se dit-il en rangeant les livrets dans sa sacoche et en descendant à la station "Nation". Il commence à pleuvoir alors qu'il sort du métro et c'est en courant qu'il franchit les quelques mètres qui le sépare de son appartement situé au dernier étage d'un immeuble boulevard Voltaire . Au moment où il entre chez lui la sonorité métallique du téléphone brise l'écho obstiné mais monotone de la pluie qui tambourine sur le toit.

C'est sa compagne Louise qui prend de ses nouvelles et ils évoquent leur embarras à choisir pour les prochaines élections. "Je peux attendre aussi longtemps qu'il le faudra" lui dit-il mais dans quelques jours il faudra bien que je fasse un choix. "Tu sais, cela peut arriver à n'importe qui de douter" lui dit-elle, nous ne sommes pas les seuls à être peu enthousiastes". "Oui, mais avant je l'étais, je votais "pour" et je n'avais pas besoin de regarder les sondages et de faire des choix stratégiques pour empêcher un monstre ou un escroc d'arriver au pouvoir". "Alors, finalement tu as choisi? Qu'est-ce que t'as fait?" dit Louise. "Oui. Et tu vois c'est comme si...Comment dire?...J'ai vieilli" répond Vincent. Et ils continuèrent ainsi à discuter, pour se convaincre que leur choix était bon et pour se remonter le moral. Tous le monde sait que les sondages peuvent se tromper, il faut y croire et voter, "rira bien qui rira le dernier". Louise disait :"Tu sais, même si l'escroc était élu, même si le monstre était élu, un président n'a pas tous les pouvoirs, le Parlement pourrait l'empêcher de commettre le pire comme le congrès américain a fait barrage à Donald Trump pour sauver l'"Obamacare"... La vie, vois-tu, ça n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit." Et ils évoquaient tout ceux qui s'étaient fait élire sur de belles promesses qu'ils n'avaient jamais réalisé. "Quels gredins que ces "honnêtes" gens" pensait-elle pendant cette longue liste de désillusions politiques. Cela leur faisait chaud au coeur d'être sur la même longueur d'ondes et de savoir que, quoi qu'il arrive, ils iraient voter main dans la main. Car c'est la suite de l'histoire qui leur importait. Et ils étaient d'accord pour l'écrire ensemble.Cette fin vous dérange ami lecteur? Allez-y voir vous même si vous ne voulez pas me croire.

PS : Comme j'avais du mal à choisir, j'ai utilisé tous les débuts possibles et toutes les fins possibles, avec un petit problème de changement de temps grammatical qui m'a obligé à "jongler" bizarrement du présent au passé.

                         (Pour Martine et les croqueurs de mots)

Commentaires

De circonstance... et bonne chance La France ! Choix cornélien...

Écrit par : jill bill | lundi, 17 avril 2017

J'ai lu ton texte avec beaucoup d'intérêt. Vincent est dans la même position d'indécision que beaucoup de français c'est pour cela que tout est possible et il ne faut pas se fier aux sondages. Pour moi c'est le contraire, pour une fois je suis enthousiaste et je sais avec certitude pour qui je vais voter, je vais même me déplacer de Vendée et rentrer deux semaines à Paris enfin peut être une seulement car si mon candidat ne passe pas le premier tour, au second je m'abstiens. J'aurais beaucoup de mal à choisir entre deux extrémistes un de droite, l'autre de gauche et un malhonnête. Quant au candidat du PS même si il a peu de chance il faut y croire mais je ne pourrai pas non plus voter pour lui. Je suis contre le revenu universel, j'ai trop travaillé auprès des demandeurs d'emploi pour savoir que l'assistance ralentit ou empêche la reprise d'une activité. Belle semaine Enriqueta.

Écrit par : Martine 85 | lundi, 17 avril 2017

Oh ! Tu as bien fait, Enriqueta ! Je t'ai lu aussi avec intérêt, bien que en dehors de ces élections car de l'autre côté de l'océan,hein ! Bon matin de ce mardi ! Amitiés♥

Écrit par : colettedc | mardi, 18 avril 2017

j'aime beaucoup et intéressée par les réflexions politiques de Vincent, je n'ai pas regardé la concordance des temps.
Chacun voit midi à sa porte ... nous allons voter pour des copains en vacances. LEur candidat n'est pas le mien du tout, et pourtant je les respecte. Ensuite, il y a l'entourage européen et mondial, nous ne pouvons pas savoir ce qui va se passer. Donnons leur quand même une chance. Bises et merci pour ton texte

Écrit par : durgalola | mardi, 18 avril 2017

Un vrai régal que ce billet , je vens de recevoir les bulletins et les programmes dans la boite aux lettres et je crois que j'en suis au même point que Vincent .
Bonne soirée
Bisous

Écrit par : jazzy57 | mardi, 18 avril 2017

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